Dans le cadre de l’accompagnement des demandeurs d’asile, des éducatrices spécialisées témoignent d’un profond mal-être. L’objectif initial de leur travail, permettre l’émancipation, est souvent impossible du fait du rejet des demandes de papiers, des expulsions, du manque de moyens ou d’une formation inadaptée.
« Imaginez, quand on héberge une famille, qu’on tisse un lien fort avec eux, une relation de confiance, et qu’on apprend du jour au lendemain qu’ils sont expulsés… » Perrine (tous les prénoms ont été changés) est travailleuse sociale dans un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile à Strasbourg.
« Les accompagnants et accompagnantes sociales souffrent de plus en plus de leur travail », explique Nadia, également professionnelle dans ce domaine :
« Ces dernières années, la situation s’est tendue. Il y a beaucoup plus d’arrivées et trop peu de moyens. Nous on joue le rôle du fusible, on est face à des personnes en grande détresse qu’on ne peut pas vraiment aider. »
Dans le cadre de l’accompagnement des demandeurs d’asile, des travailleuses sociales se sentent dépossédées du but initial de leur métier. Photo : Juan Pablo / Rue89 Strasbourg / cc
De plus en plus d’arrivées
Dans le Bas-Rhin, 400 personnes par mois demandent l’asile en moyenne. En France, 73% des primo-demandeurs ont une réponse négative. À Strasbourg, du fait de l’emplacement géographique de la ville, 65% des arrivées proviennent d’Europe de l’Est, d’après la préfecture. Ces personnes ont encore moins de chances d’avoir une réponse positive car elles proviennent de pays considérés comme sûrs.
Le plus souvent, des associations comme la Croix Rouge, Horizon Amitié ou encore Antenne, financées par l’État, gèrent l’hébergement et l’accompagnement d’un flux de demandeurs d’asile en augmentation.
Sans papier, sans travail, dépendants
Les demandeurs d’asile n’ont pas le droit de travailler pendant la durée de l’instruction de leur dossier. Les services sociaux spécifiques des demandeurs d’asile sont saturés. La préfecture du Bas-Rhin aura dépensé 18,8 millions d’euros pour leur hébergement en 2019. Mylène, travailleuse sociale depuis de nombreuses années, trouve cette situation absurde :
« Parfois j’ai honte en travaillant. L’hébergement et l’accompagnement social sont indignes pour ces personnes, mais au final, le plus pertinent ça n’est pas d’allouer plus de moyens pour héberger et accompagner. Tout ce que demandent la quasi-totalité des demandeurs d’asile, c’est de pouvoir travailler, d’avoir une vie normale. Pour cela, il faut les régulariser pour qu’ils aient la possibilité de le faire, sinon la situation ne se détendra jamais. Ou alors on ferme les frontières et on les laisse mourir. »
Communiquer peut s’avérer très difficile
Pierre est également éducateur spécialisé dans un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. Le cœur de son métier : les accompagner dans leurs démarches et leur communiquer ce qu’ils devront faire lors de leur entretien OFPRA (pour Office français de protection des réfugiés et apatrides), l’audition où les demandeurs d’asile exposent le motif de leur venue. À ce moment, c’est potentiellement leur vie qui se joue.
Mais Pierre ne parle pas géorgien, ni russe, aucune langue d’Europe de l’Est. Souvent, il n’a pas de langue en commun avec les arrivants, qui ont du mal à accéder aux cours de français :
« On utilise des pictogrammes qu’on bricole nous-mêmes. Ce sont des documents avec des images explicatives. Souvent, les demandeurs d’asile n’osent pas nous dire qu’ils n’ont pas compris. Le drame c’est que pendant l’entretien, un petit détail peut provoquer un refus… Ils sont souvent très mal préparés, on a le sentiment de ne pas bien faire notre travail. Des interprètes seraient absolument nécessaires. »
Voici un exemple de pictogrammes créé par des travailleurs sociaux pour tenter de communiquer des informations importantes sur leur situation à des demandeurs d’asile avec lesquels ils n’ont aucune langue en commun. Photo : Document remis
Pas de formation juridique suffisante
Souvent, ces travailleurs sociaux manquent aussi de formation juridique, comme en témoigne Pierre :
« On doit les préparer à un entretien qu’on ne connait même pas vraiment. Je ne suis pas toujours sûr de bien les conseiller. J’apprends tout sur le tas, quand j’en parle avec des collègues… Peut-être que j’ai déjà mal conseillé des personnes et qu’elles se retrouvent dans des situations compliquées à cause de cela. »
« Des situations qui nous échappent »
Le cadre légal de l’immigration s’est durci suite à l’application de la loi asile et immigration. Les séjours en centre de rétention avant expulsion passent de 45 à 90 jours. Désormais, les personnes qui viennent pour des problèmes de santé n’ont plus que deux mois pour demander le titre de séjour « étranger malade ». Avant, il n’y avait pas de délai particulier pour faire cette demande. Nadia dénonce les répercussions potentiellement mortelles de cette loi :
« J’ai déjà vu des personnes qui avaient des cancers, ou d’autres maladies graves, qui auraient pu être soignées. Mais elles ont été expulsées parce qu’elles ne savaient pas qu’il fallait demander ce titre. Elles avaient juste fait leur demande d’asile. Peut-être que certaines sont mortes maintenant. »
« Humainement parfois, c’est insoutenable »
Dans de nombreux cas, les demandes d’asile aboutissent à une expulsion, ce qui met les travailleurs sociaux dans une position « insoutenable », comme en témoigne Perrine :
« J’ai accompagné une famille géorgienne, avec laquelle j’ai créé un lien, au fil des mois. Les enfants étaient scolarisés, les parents commençaient à apprendre le français, ils prenaient confiance. C’est ce qu’on recherche en tant que travailleurs sociaux, c’est le sens de notre travail. Un jour, à 6h du matin, ils ont été cherchés par la Police aux frontières (PAF) pour être placés en centre de rétention. Ils n’étaient pas au courant, nous non plus, c’est comme ça que ça se passe en général. Je n’en dors pas quand ça arrive. »
Une intersyndicale et des associations écologistes appellent à une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites jeudi 9 janvier. À Strasbourg, le cortège partira à 14h de la place de la Bourse pour rejoindre la place Kléber.
Jeudi 9 janvier sera une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, préparée par le gouvernement. Cette réforme qui vise à remplacer le système actuel par une répartition par points gagnés tout au long de la carrière suscite l’opposition des syndicats.
Manifestation contre la réforme des retraites du 17 décembre Photo : Victor Maire / Rue89 Strasbourg / cc
L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, CNT…) et des associations écologistes telles que Extinction Rebellion et Alternatiba appellent à une nouvelle manifestation. Le cortège partira à 14h de la place de la Bourse aussi appelée place du Maréchal de Lattre de Tassigny pour se diriger vers la place Kléber, en passant par le centre-ville.
Après la démission du haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, cette manifestation intervient dans un contexte de défiance entre les syndicats et le gouvernement.
Le rassemblement de jeudi intervient deux jours après une rencontre entre le gouvernement et les syndicats pour trouver un compromis. La grève dans les transports, dans sa cinquième semaine, est la plus longue que la France ait connue en plus de trente ans.
Comment passe-t-on d’un mariage à des violences, puis à un harcèlement menaçant après le divorce ? Meryem raconte l’engrenage qu’elle a vécu pendant trois ans. Marquée par le décompte et le récit des féminicides en France, elle souhaite témoigner pour aider d’autres femmes à sortir d’un cercle vicieux et destructeur.
Elle a l’air de celle qui n’a plus rien à perdre. Et d’un coup, le regard brun de Meryem (le prénom a été modifié) est devenu très sombre. « Là s’il vient, je sors le couteau et je vais me rendre à la police ». La Strasbourgeoise de 27 ans pèse chaque mot et met en garde son ex-conjoint dont elle a divorcé il y a quatre ans pour des faits de violences.
Devant elle, la jeune femme a empilé plusieurs dossiers : dépôt de plainte, main courante et courriers d’avocats. En ce dimanche après-midi de début décembre, elle raconte un mariage chaotique, les premiers coups, les insultes et le pardon, accordé presque à chaque fois.
Elle décrit aussi la crainte dans laquelle elle vit depuis son divorce. Car depuis leur séparation, son ex-mari n’a de cesse de la harceler via les réseaux sociaux. Pendant un temps, il a aussi traqué Meryem et ses amies dans les rues de Strasbourg, alors qu’elles faisaient du shopping. Le dernier message qu’elle a reçu est un mail, en novembre. « Il me proposait qu’on se revoit. Je lui ai répondu “reste loin de moi” ».
Une crainte continue depuis le divorce
La mort de Sylvia Auchter, poignardée à mort par son mari le 10 novembre, à Oberhoffen-sur-Moden dans le Bas-Rhin, a profondément marqué Meryem. Ce 131e féminicide en France de l’année 2019 (voir encadré) l’a poussée à témoigner :
« Je sais que mon ex-mari va toujours se manifester. La crainte est continue. On est divorcés depuis quatre ans, séparés depuis sept ans, et il m’écrit toujours. À chaque fois, je pleure et je repars de zéro. Car dans ces moments-là, tout me ramène au passé. »
Pour Meryem, ce passé remonte à 2009. Elle a alors 17 ans. En vacances en Turquie dans le village d’origine de ses parents, elle rencontre Selim (le prénom a été modifié). Il est serveur dans un restaurant et a trois ans de plus qu’elle. « Il n’était pas attirant », coupe-t-elle.
« C’est son histoire personnelle qui m’a touchée. Sa patronne m’avait raconté qu’il avait eu une enfance très difficile. Il venait d’une famille très pauvre, ça m’avait marquée. L’un de mes frères s’est renseigné sur lui et a eu de mauvais échos : Selim était connu pour être bagarreur. »
Photo : Dessin Ariane Pinel
Un trait de caractère qui ne freine pas Meryem : « J’avais envie de l’aider à s’en sortir. J’étais si jeune… », lâche-t-elle, le regard dans le vide. Deux ans plus tard, en 2011, après leur mariage célébré en Turquie et en France, Selim s’installe chez son épouse, à Strasbourg. Très vite, Selim se montre agressif, colérique dès lors que quelque chose ne lui convient pas. À chaque fois, Meryem lui trouve une excuse et pardonne.
Les tensions, les insultes, puis les coups
Le premier coup arrive cinq mois après leur mariage. « Il n’était pas content de la coupe que le coiffeur lui avait faite et Selim, qui ne parlait que le turc, m’avait reproché d’avoir mal traduit ce qu’il voulait. Alors il m’a giflée », raconte Meryem. Les tensions et les insultes s’installent dans le quotidien.
Selim, qui a entre temps décroché un boulot sur un chantier, reproche à son épouse de ne pas être assez impliquée dans la vie domestique. Meryem, alors étudiante en sciences sociales à l’Université de Strasbourg, se souvient de ces moments :
« Je lui avais préparé un sandwich sur un petit plateau et la manière dont j’avais découpé le pain ne lui avait pas plu. Il a tout jeté par terre. Quand on s’engueulait en voiture, il devenait très imprévisible et nous mettait en danger, roulait très vite, doublait n’importe comment. Il avait de tels accès de colère… Mais il choisissait toujours ses moments et s’en prenait à moi quand mon père n’était pas là. »
Déjà fragile, le mariage s’est très vite dégradé quand le père de Meryem, qui passait très souvent au domicile du couple, s’est remarié et est parti vivre en Turquie. La jeune femme se retrouve sans soutien : « J’étais en froid avec la famille du côté de ma mère et Selim a fait en sorte que je sois complètement isolée », explique-t-elle.
« Je me suis souvent dit que c’était de ma faute »
Une première fois, la Strasbourgeoise claque la porte du domicile conjugal mais un autre engrenage s’enclenche. Des membres de son entourage lui expliquent que sans elle, Selim est seul, malheureux et désoeuvré. Se sentant coupable, Meryem lui pardonne et reprend sa vie quotidienne. Les claques, les cheveux tirés, les coups de pied et de poing recommencent.
Dans son récit, la jeune femme précise que toujours, elle se défendait et que toujours, elle rendait les coups. Mais du haut de son mètre-soixante, la jeune femme plutôt fine faisait difficilement le poids face au 1m85 et aux larges épaules de son mari. Pourquoi n’avoir jamais réussi à partir pour de bon ?
« Il changeait de comportement sans prévenir. À chaque fois qu’il me frappait et qu’il s’emportait, il redevenait ensuite très gentil. Je me suis souvent dit que c’était de ma faute, je culpabilisais car il disait que c’était toujours de ma faute. C’est pour ça que j’ai toujours tout laissé passer ».
« Ce visage je ne l’oublierai jamais. J’étais face à la mort »
Un soir de 2013, après une énième dispute, Meryem annonce son intention de partir. Définitivement cette fois. « Tu ne sortiras pas vivante de cette maison. Tu es obligée de rester », lui répond son époux. Alors qu’elle commence à préparer un sac dans la chambre, Selim la rejoint. Il la fait tomber sur le lit, l’attrape au cou et commence à serrer de plus en plus fort. La jeune femme décrit la fureur du moment :
« Ce visage, je ne l’oublierai jamais. J’étais face à la mort. Il avait un regard noir, je ne distinguais même plus ses pupilles. Il était sur moi, me bloquait les bras. Il me répétait « crève ! crève ! ». Je me sentais partir, je me disais « je vais mourir ». Et je me suis mise à penser à l’après, quand mes proches allaient retrouver mon corps… J’ai réussi à lui donner un coup de pied dans son entrejambe. Il a eu mal et a relâché son emprise. »
D’emblée, Meryem veut quitter la maison et se rendre chez le médecin pour faire constater ses marques de strangulation. Selim court à la porte d’entrée avec un couteau pour l’en empêcher. Bloquée, la jeune femme est obligée de rester. Alors que Selim s’installe devant la télévision pour manger, Meryem reste dans son coin et pleure toute la soirée.
Une fois encore, elle va accepter les excuses de son époux et reprendre son quotidien, comme si rien ne s’était passé. Pendant plusieurs jours, Meryem va dissimuler ses bleus dans le cou à l’aide de fond de teint et d’un foulard. « Le truc classique que beaucoup de femmes font », lâche-t-elle, le regard baissé.
Une plainte pour violences déposée en 2013
Après deux ans d’un mariage chaotique, Meryem trouve la force de rompre. Étudiante, elle n’a pas de revenus et bénéficie de l’aide juridictionnelle pour son avocat. En 2013, elle décide de porter plainte pour violences et se rend à la gendarmerie. Selim est placé en garde à vue et une confrontation entre les deux époux est organisée. Meryem se souvient :
« J’y étais avec ma mère, lui était accompagné d’un interprète. Les gendarmes m’ont dit que nos versions ne concordaient pas, d’autant plus que je n’avais aucune preuve des coups que j’avais reçus puisqu’entre temps les marques étaient parties. J’ai pourtant expliqué aux gendarmes que si je n’avais pas d’attestation du médecin, c’est parce que Selim m’avait empêchée d’y aller. »
À la demande des gendarmes, un examen psychiatrique de Selim est réalisé. Le document, que Rue89 Strasbourg a pu consulter, décrit un homme « machiste », qui considère que battre sa femme est « une mesure éducative utile ». « Il n’a ni regret, ni honte, ni compassion et il ne regrette pas d’avoir frappé sa femme », poursuit le rapport.
Selim et Meryem se séparent. Il quitte la maison mais emporte avec lui des affaires de celle qui est désormais son ex-femme, dont son ordinateur, des meubles, et des bijoux en or.
Lettre de sang
Un soir, peu de temps après son dépôt de plainte, Meryem rentre chez elle. Elle se dirige vers sa chambre et cherche son journal intime. Alors qu’elle ouvre le carnet, une fine feuille tombe au sol.
« Dessus, il y avait la première lettre de mon prénom. Écrite avec du sang. J’ai hurlé. Selim était entré dans la maison en mon absence et devait certainement encore avoir un double des clefs…
Meryem apporte le bout de papier à son avocate mais aucune suite n’est engagée. « Pas même une mesure d’éloignement ! », s’étonne encore Meryem aujourd’hui. Suite à cet épisode, elle s’équipe d’une mini bombe lacrymogène qu’elle garde en permanence dans son sac.
Elle déménage, change de numéro de téléphone qu’elle ne communique qu’à ses proches :
« Il m’envoyait des messages à longueurs de journées : des “t’es belle”, “ton odeur me manque”. Je l’ai bloqué partout, mais il me renvoyait des mails avec un romantisme assez glauque. »
Un dépôt de plainte détourné en main courante
En mai 2018, Meryem se rend à l’Hôtel de police de Strasbourg et souhaite déposer une plainte pour harcèlement contre Selim. La jeune femme a appris par un ami interposé que son ex-époux avait des photos d’elle collées un peu partout sur les murs de son appartement :
« Entre ça et les messages à la fois “romantiques” et menaçants, j’ai pris peur. J’ai voulu porter plainte mais on m’a plutôt orientée vers une main courante, parce qu’il y avait visiblement trop d’attente ce soir-là, au commissariat… »
Une confiance dans la police et la justice abîmée
Aujourd’hui, Meryem connaît enfin une vie de couple équilibrée. De sa précédente union, elle parle d’une « destruction à petit feu » et garde encore des séquelles psychologiques comme cette anxiété qui ne la quitte plus. Elle évoque aussi une confiance très largement abîmée dans la police et la justice :
« Je suis une victime et la police était le seul recours pour moi. Ça été une grosse déception. Tu penses pouvoir t’appuyer sur quelque chose mais tu te rends compte qu’au final, rien ne te protège. Du coup, tu te remets en question, tu te demandes si tu n’en fais pas trop. Je me suis demandée si j’inventais… jusqu’au jour où une amie m’a dit d’arrêter et que ce n’était pas à moi de me sentir coupable. »
Récemment, Selim est tombé sur la page Facebook de son entreprise et a recommencé à lui écrire. Elle a même pensé à retirer son nom de la sonnette de son lieu de travail. « Depuis son dernier mail, je n’ai pas eu de réponse, son silence n’est pas normal, il prépare quelque chose », s’inquiète Meryem.
Alors que Meryem termine le récit de son histoire, la nuit tombe doucement. Elle allume la lampe sur son bureau. Son regard s’illumine quand elle explique qu’elle souhaiterait intervenir dans des conférences sur les violences faites aux femmes : « Il faut savoir s’éloigner au moindre risque et se dire que rien n’est plus précieux que soi-même ».
Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Notre bon maire Roland Ries aurait-il dû écouter ses services et annuler les 2,6 kilomètres de nage dans l’Ill lors de l’Open Swim ? C’est en tout cas l’avis du déontologue. Les précipitations la veille de la course pouvaient laisser présager une baisse de la qualité de l’eau, notamment à cause des déversoirs d’orage en amont.
L’exposition L’eau dessinée à la Fondation François Schneider de Wattwiller dévoile plus de deux cents planches de 1904 à aujourd’hui. Elle déploie un panorama du motif de l’eau en bande dessinée, visible jusqu’au 29 mars 2020.
Un océan de feuilles de papier blanc, légèrement froissées, suspendues au plafond par des fils de nylon : les visiteurs se trouvent immédiatement immergés dans la scénographie de l’exposition L’eau dessinée de la Fondation François Schneider.
À la manière d’un banc de poissons, ces derniers déambulent sous cette houle blanche, entre ombre et lumière. Au moyen de matériaux pauvres et simples comme le papier et le fil. L’espace ainsi mis en scène par l’atelier scénographique Lucie Lom développe un paysage océanique, fil conducteur du parcours.
Fondation François Schneider, vue de l’exposition L’eau dessinée. Scénographie Lucie LomPhoto : Steeve Constanty
À travers un motif graphique inattendu, l’eau, l’exposition met en lumière les planches de 116 artistes internationaux de 1904 à aujourd’hui. Elle valorise également des artistes illustrateurs ayant fait leurs études à la HEAR (Haute École des Arts du Rhin) de Strasbourg.
Les productions de ces derniers sont présentées en deux temps, en ouverture du parcours, dans la partie consacrée à l’environnement, puis dans la dernière dédiée à la relation de l’Homme avec l’eau. Parmi ces illustrateurs émergents, Lisa Blumen, Maël Escot et Mathias Martinez ont bénéficié d’une résidence à la Fondation située à Wattwiller pour travailler sur la thématique de l’exposition.
Fondation François Schneider, vue de l’exposition L’eau dessinée : planches de Marine Rivoal (ancienne diplômée de la HEAR), A moi !, éditions Rouergue, 2018Photo : Steeve Constanty
Un travail à deux mains
Dans ce cadre, le duo Maël Escot et Mathias Martinez a réalisé le projet Atlantis dans un style se rapprochant des animations Walt Disney des années 1920. Dans une veine psychédélique et surréaliste, on y perçoit des mouvements organiques instables. Les tracés semblent prendre vie et former des paysages indomptables.
L’esthétique léchée de ces dessins en noir et blanc esquisse l’eau comme un élément effrayant et cauchemardesque : « Pour notre histoire, on a pris le thème du parc aquatique ou chaque attraction serait vivante, dans un esprit animiste », explique Maël Escot. Des montagnes russes démoniaques engloutissent les visiteurs pour les transformer à leur tour en manège. Un clin d’œil au parc aquatique Rulantika à Europapark ouvert en 2019 qui laisse un sentiment d’inquiétude.
Planches de Maël Escot & Mathias Martinez, Atlantis, 2019 Photo : Fondation François Schneider
L’actualité écologique en bande dessinée
Parmi les auteurs présentés, Pierre Van Hove marque l’exposition avec ses planches d’études accrochées en patchwork. Ces recherches graphiques, dont les couleurs verdâtres présagent des territoires hostiles, sont issues de la bande dessinée Algues Vertes : L’histoire interdite (Delcourt, 2019). Connu pour Le voleur de livres en collaboration avec Alessandro Tota (2015, éditions Futuropolis), il continue son travail en équipe et illustre cette fois-ci une enquête menée par la journaliste et documentariste Inès Léraud.
Pour France Culture, elle a réalisé la série documentaire Journal Breton (2016 à 2018) dans l’émission Les pieds sur terre. Cette investigation révèle les causes d’un fléau qui pollue le littoral breton depuis une dizaine d’année. Entre texte et image, l’œuvre graphique met en évidence une prolifération provoquée par la pollution au nitrate d’origine agricole. En plus de l’impact sur le paysage, l’enquête révèle l’influence des lobbies industriels, les dérives politiques et des décès suspects d’hommes et d’animaux passés sous silence. Un travail fastidieux qui met en lumière les conséquences de nos modes de production sur l’eau.
Un passage entre deux mondes
L’exposition souligne aussi que l’eau est aussi un moyen d’exprimer des émotions. Dans l’espace dédié aux résidents diplômés de la HEAR se trouve une série de planches plus abstraites réalisées par Lisa Blumen. L’illustratrice est connue pour ses albums de jeunesse dont Gros Ours (éditions Kilowatt, 2017). Lors de la résidence, elle s’est lancée dans un nouveau projet, encore inachevé. Dans ses essais préparatoires, elle a choisi une technique impliquant l’eau, l’aquarelle, pour former des paysages tremblants.
Aucune ligne ne vient traverser les territoires flottants inventés par l’illustratrice : « Il n’y a pas d’action dans mes BD, j’ai des histoires simples dans un environnement quotidien et l’eau est un moyen pour moi de faire ressortir des émotions de certaines situations ». Le scénario annonce l’histoire d’une famille en dérive. La mère disparaît et laisse père et enfants derrière elle. La rivière qui jouxte la maison familiale sort de son lit, provoquant une inondation, et les personnages doivent surmonter cette épreuve. La représentation de l’Homme confronté à l’eau est récurrente, elle est la métaphore de nos états d’âme.
Ailleurs dans l’exposition, l’eau est tout aussi menaçante et dangereuse : c’est le cas dans Le vieil homme et la mer de Thierry Murat (édition Futuropolis, 2014). La relation de l’individu à l’eau est parfois calme et inquiétante à l’image des Fables nautiques de Marine Blandin (éditions Delcourt, 2011), où une nageuse plonge jusqu’au fond d’une piscine dont les murs semblent se décliner à l’infini. L’eau peut donc être signe de passage entre deux mondes, entre le soi et son environnement.
Planches de recherche, Lisa Blumen, 2019, exposition L’eau dessinéePhoto : Fondation François Schneider
Un art populaire ?
La fondation François Schneider valorise les œuvres graphiques par un accrochage dynamique pour mettre en avant un neuvième art encore trop peu considéré. Encore confinée au loisir, la bande dessinée reste très peu exposée dans les institutions. Le parti-pris d’un tel projet souligne la richesse des différents genres de la bande dessinée, loin d’être un art exclusivement populaire : « C’est un art au lectorat très large, mais ce n’est pas que Tintin ou Lucky Luke. De nos jours, on a des formes très contemporaines qui sont à la croisée des arts visuels », précise la directrice de la Fondation Schneider, Marie Terrieux.
L’exposition accentue la part artistique en dévoilant des planches originales isolées de leur scénario, encadrées ou sous verre et parfois accrochées en vagues. Ces extraits d’histoires, souvent sans dialogues, permettent d’apprécier la valeur graphique des œuvres. Les visiteurs découvrent ainsi l’illustration sous un nouveau jour. Le travail réalisé en amont est également mis en avant : « L’idée est de montrer tout le processus de création dans une optique pédagogique », poursuit Marie Terrieux.
Fondation François Schneider, vue de l’exposition L’eau dessinée. Caroline Gamon (ancienne diplômée de la HEAR), La piscine (2011) et Lucas HarariPhoto : Steeve Constanty
« L’eau est un challenge graphique. »
Pour les résidents de la Fondation Schneider, mettre en avant la fabrication de l’oeuvre permet « un point de vue sur le vif, autant pour nous, que pour ceux qui regardent nos planches », exprime Lisa Blumen. Dans la bande dessinée comme dans la peinture, le hasard est souvent ce qui apporte de l’énergie au dessin : « Il y a toujours cette part de suspens, qui peut mener au ratage ou à des choses qui fonctionnent. Quand on voit tout le travail en amont, on voit les repentirs, les crayonnés, les zones changées, cela montre comment l’illustrateur fonctionne. »
Cette manière d’exposer permet de se glisser dans l’esprit du dessinateur, comme si l’on se penchait sur sa table à dessin : « J’ai choisi ma technique en fonction de la façon dont j’allais traiter l’eau », explique Lisa Blumen. Un vrai terrain de jeu pour les illustrateurs entre technique dulavis, hachures, ligne claire, monochrome, etc.
Fondation François Schneider, vue de l’exposition L’eau dessinée -scénographie Lucie LomPhoto : Steeve Constanty
Un lieu atypique lié à l’eau
L’idée de créer des projets sur le thème de l’eau découle de l’histoire du lieu. Wattwiller est une ancienne station thermale et l’espace a été construit sur un vieil atelier d’embouteillage. Située loin des grandes villes, il n’y est pas facile d’attirer les visiteurs. Marie Terrieux investit alors la bande dessinée, un projet qu’elle souhaite ouvert aux amateurs comme aux connaisseurs. L’eau dessinée est une exposition qui regroupe des œuvres choisies avec soin.
Malgré la sensation de se perdre dans le grand nombre de planches exposées, la disposition des œuvres par catégorie permet de s’y retrouver. La richesse graphique de l’illustration et la richesse de la scénographie permettent aux petits et grands de découvrir des mondes fabuleux. On notera la présence d’un coin lecture avec des livres à disposition pour étancher sa soif d’aventures.
Un concert-dessiné avec le groupe L’inféconde est proposé le 6 mars à 19h.
Victoria Ferracioli est étudiante en Master 2 “Critique-Essais, écritures de l’art contemporain” à l’Université de Strasbourg. Ses études portent sur l’art interactif et inclusif ainsi qu’à la phénoménologie du toucher dans l’art. Elle est également présidente de l’association M2S, qui organise des concerts de musique électronique à Strasbourg.
Établies dans la région grâce à la vallée du Rhin, la grenouille de Lessona, la grenouille rieuse et la grenouille verte forment ce que l’on appelle un « complexe d’hybridogénèse » : pour se maintenir, la grenouille verte doit se reproduire avec celle de Lessona. Explications.
Selon les estimations des spécialistes, il y a environ 15 000 ans, un événement d’hybridation très particulier a lieu entre deux espèces de grenouilles aquatiques. Une grenouille de Lessona, s’accouple avec une grenouille rieuse, et cette hybridation donne ce qu’on appelle maintenant la grenouille verte. Les trois espèces sont en relation étroite, puisque cette dernière doit nécessairement se reproduire avec la grenouille de Lessona, une de ses deux espèces parentes donc, pour continuer à exister.
Ces grenouilles d’apparence commune présentent une grande particularité génétique. Photo : remise Bufo / cc
Une hybridation pas comme les autres
En général dans le monde animal, une hybridation entre deux espèces donne naissance à un individu qui ne vit pas longtemps, ou qui est incapable de se reproduire. Dans d’autres cas, l’hybridation fonctionne. Un mélange de gènes confère un « avantage génétique ». On se retrouve soit avec une nouvelle espèce qui se distancie de ses géniteurs, au point de ne plus pouvoir se reproduire avec elles. C’est la spéciation. Ou alors, seule la nouvelle espère subsiste, tandis que les deux espèces initiales disparaissent sous l’effet d’une hybridation massive.
Dans le cas de ces batraciens, c’est différent. Les grenouilles de Lessona, rieuse et verte sont le résultat de l’hybridation des deux premières. Elles vont former ce qu’on appelle un « complexe d’hybridogénèse ». La grenouille verte est obligée de se reproduire avec celle de Lessona pour subsister. Si deux grenouilles vertes s’accouplent, la descendance est une grenouille… rieuse.
LL correspond à « grenouille de Lessona », RR correspond à « grenouille rieuse », LR correspond à « grenouille verte ». Photo : Schéma remis Bufo / Rue89 Strasbourg / cc
Chez la grenouille verte, seule le génome de la grenouille rieuse est transmis à la descendance
Le génome d’une grenouille verte est composé de celui de ses deux espèces parentes (la grenouille de Lessona et la grenouille rieuse). Pourtant, lorsqu’une grenouille verte s’accouple, seul le génome de la grenouille rieuse est transmis aux descendants.
En revanche, lorsqu’une grenouille verte se reproduit avec une grenouille de Lessona, la descendance est une grenouille verte. La grenouille de Lessona transmet son génome et la grenouille verte transmet celui de la grenouille rieuse : c’est l’hybride. Donc logiquement, si la grenouille verte est présente dans un milieu, on peut affirmer que la grenouille de Lessona l’est également. Si la grenouille de Lessona est absente, et que la grenouille verte ne peut que se reproduire avec la grenouille verte ou la grenouille rieuse, la descendance est forcément une grenouille rieuse. Impossible qu’une population de grenouilles vertes se maintienne sans la présence de la grenouille de Lessona.
Les zones alluviales, comme la vallée rhénane, propices aux grenouilles
Les zones alluviales sont très favorables au développement des amphibiens. Celle du Rhin l’est particulièrement car son flux est alimenté, outre la pluie, par la fonte des neiges dans les Alpes, les Vosges et la Forêt Noire. Ce phénomène régulier a toujours permis une bonne alimentation des zones d’eau stagnantes, idéales pour le développement des têtards.
Les écosystèmes humides des vallées alluviales, comme ici la forêt de la Robertsau, favorisent les amphibiens. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Comme tous les amphibiens, ce complexe d’hybridogénèse joue un rôle important dans la chaîne alimentaire de la nature. Les larves sont détritivores c’est-à-dire qu’elles se nourrissent d’éléments naturels en décomposition. Les adultes se nourrissent d’insectes. Ces batraciens constituent quant à eux une proie pour les serpents et les petits mammifères.
Une espèce protégée…
La grenouille de Lessona est protégée tout comme ses zones d’habitats. Cela signifie que pour n’importe quel projet, en théorie, la loi impose d’éviter au maximum les impacts sur cette espèce. Mais pour cela, il faut l’identifier.
« Morphologiquement, les trois espèces se ressemblent fortement, il est quasiment impossible de les reconnaître à l’œil nu. En revanche, grâce à des analyses génétiques complexes, il est possible de les identifier. »
…mais les tests sont rares
Mais les inventaires ne sont souvent pas faits témoigne Jean-Pierre Vacher :
« Les bureaux d’études ont rarement la compétence de faire les tests génétiques, or c’est la seule solution pour savoir si la grenouille de Lessona est bien présente. Cette espèce n’est donc pas prise en compte dans les études réglementaires concernant les projets d’aménagement. »
Jean-Pierre Vacher réalise souvent des tests génétiques pour déterminer si une espèce est présente ou non dans un écosystème. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc
Deux menaces : pompage dans la nappe et moins de neige en montagne
Les amphibiens en général sont aussi menacés par la sécheresse. Beaucoup de milieux aquatiques qui leurs sont favorables dépendent de la nappe phréatique. Or, celle-ci atteint des niveau particulièrement bas, ce qui menace leurs habitats. L’agriculture intensive a aussi des effets néfastes sur les grenouilles d’après Jean-Pierre Vacher :
« L’effet cumulé du pompage et des sécheresses prolongées et à répétition se ressent sur le niveau de la nappe sur le long terme et à large échelle. »
Saisi, le déontologue estime que le maire de Strasbourg a failli à son devoir de protection de la population en autorisant l’Open swim, une course de natation dans l’Ill en mai 2019. Les conditions météo et les alertes de ses services auraient dû le conduire à annuler l’événement.
Une belle course le long des quais rénovés c’est bien, mais pas au détriment de la santé des nageurs. C’est en résumé l’avis du déontologue de la Ville de Strasbourg, le Pr Patrick Wachsmann, qui a été publié en décembre. Il avait été saisi dès le lendemain de la course « Open Swim Stars », sponsorisée par Harmonie Mutuelle, le dimanche 19 mai 2019 à Strasbourg.
Son avis révèle que la course de 400 mètres a été annulée « en raison de pluies d’orage survenues la veille » et qu’il était « impossible de garantir une qualité suffisante de l’eau ». Mais une telle précaution n’a pas été prise pour l’épreuve de 2,6 kilomètres jusqu’au Parlement européen.
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
Qui sera en piste pour tenter les élections municipales à Strasbourg en mars 2020 ? Avec le municipal-o-drome, Rue89 Strasbourg vous propose de retrouver chaque mois le positionnement de chacune des listes et ses candidats. En décembre, peu de franchissement de ligne, mais beaucoup de ménage dans les écuries.
Le municipal-o-drome est un outil imaginé par Rue89 Strasbourg qui vise à sortir de l’instantanéité des déclarations des prétendants. L’autre objectif est d’avoir l’ensemble du panorama électoral en un coup d’œil pour remettre chaque mouvement dans ce contexte plus global. Passer la ligne d’arrivée revient à être le candidat investi par sa formation.
Depuis janvier 2019, le positionnement de chaque candidat est décidé par les journalistes de la rédaction selon leur appréciation de la situation. Il dépend aussi de critères objectifs comme une déclaration publique ou non de candidature qui permet d’apparaître sur la pelouse, la concurrence au sein de son « écurie » ou la capacité des différentes équipes à mener une liste. S’être déclaré en premier confère aussi un avantage (provisoire) au sein de sa famille politique. L’ordre de placement de haut en bas ne répond pas à une logique particulière, si ce n’est que les abandons, un seul à ce jour, sont en bas.
Ralliements et lancements de fin d’année
Alors que plusieurs candidats ont confortablement passé la ligne d’arrivée à l’automne, d’autres cravachent encore. Notre débat sur l’avenir du Marché de Noël (à revoir ici) a permis de voir les quatre premiers candidats investis enfin ferrailler.
Dans la même période, le RN a réussi à domicilier une candidate à la hâte après l’échec Thibault Gond-Manteaux. Côté gauche de la gauche, des premières propositions de la France insoumise et Génération.s ont été publiées pendant les vacances. Le ou la candidate sera choisie le 10 janvier.
Le temps des programmes arrive
Enfin, la majorité sortante devrait être répartie sur 4 listes puisque l’adjointe au maire en charge de la démocratie participative, Chantal Cutajar, souhaite conduire une liste de « citoyens engagés ». Présenter des « citoyens », c’est justement le mot à la mode pour toutes les listes, comme s’ils pensaient tous pareils, mieux que les autres, et que les membres de partis politiques n’étaient pas des citoyens. Il faudra plus d’arguments pour se démarquer. Cela tombe bien, le mois de janvier est normalement celui où les programmes sont dévoilés. Alors que l’échéance va se rapprocher, ce sera aussi la saisons des derniers ralliements.
Pour zoomer, il suffit de continuer à faire défiler son écran vers le bas.
Des pistes d’améliorations ?
N’hésitez pas à nous en faire part en commentaires. Nous tenterons d’en tenir compte pour les prochaines éditions.
Jean-François Gérard, Geoffrey Brossard et Nina Courtois Un outil créé à trois, dans l’ordre : un journaliste, un développeur web et une graphiste
Avez-vous bien suivi l’actualité par Rue89 Strasbourg en 2019 ? Ce petit quiz va vous permettre de vous en assurer…
Comme chaque année, l’actualité a été riche à Strasbourg et évidemment nous n’en avons traité qu’une partie. Mais ce fut quand même 875 articles publiés en 2019 ! Les avez-vous tous lus ? Mmmmh, voyons ça…
Si une publicité s’affiche, cliquez sur la croix pour la faire disparaître et afficher le quiz. N’hésitez pas à partager votre résultat sur les réseaux sociaux !
La nuit de la Saint Sylvestre, ses pétards et violences urbaines ont fait provoqué une envolée des taux de pollution à Strasbourg. Le Bas-Rhin est immédiatement placé en procédure d’alerte pour deux jours minimum.
Comme chaque Saint-Sylvestre, Strasbourg a connu une soirée avec de nombreux feux d’artifices et pétards. La soirée a connu d’importantes violences urbaines, en hausse, avec plus de 200 voitures brûlées. Ces actes, mais surtout le mauvais usage des engins explosifs ont causé un décès d’un homme de 30 ans à Haguenau (suite à un tir de mortier), ainsi que 50 blessés de 4 à 57 ans dans le département selon la Préfecture.
Compte tenu des conditions atmosphériques, peu de vent et un grand froid, le passage de 2019 à 2020 a favorisé la concentration de la pollution de l’air.
Selon les relevés d’Atmo Grand Est, la pollution aux particules PM 2,5 a été multipliée par 14 sur la seule station fonctionnelle par rapport aux données observées dans l’après-midi. À « Strasbourg-Est », la concentration est ainsi passée de 40µg/m3 à 14h à 565 µg/m3 à 2h. Les mesures pour la nouvelle station au quartier Danube s’arrêtent à 19h.
Plus petites, les particules PM 2,5 sont moins. La seule station fonctionnelle le 31 décembre le soir montre un pic à 2h du matin, avec des niveaux 15 fois plus élevés que l’après-midi. (capture d’écran Atmo Grand Est
Les PM10, quatre fois plus grosses, ont suivi la même tendance dans des proportions un peu plus faibles. Jusqu’à x9,5 boulevard Clemenceau (de 59 µg/m3 à 559 µg/m3 entre 14h et 1h), mais le plus souvent les niveaux ont augmenté entre x5 et x10, entre le début d’après-midi et la nuit.
Selon les station, les microparticules PM10 ont connu des pics à 1h ou 2h du matin. Les niveaux restent au-dessus des valeurs limite le lendemain, contrairement au 31 décembre. (capture d’écran Atmo Grand Est
Dans les deux cas, les niveaux de pollution retrouvés le 1er au matin sont deux fois plus élevés, au-dessus des valeurs limite européennes en ce qui concerne les PM10. Quasiment toutes les stations sont au-dessus de 100 µg/m3 pour chaque heure.
Mercredi 1er janvier en fin de matinée, le Bas-Rhin a directement été placé en procédure d’alerte. Cela entraîne une série d’obligations pour les industries, les agriculteurs et un abaissement des vitesses sur les routes (le détail ici). Les bus et tram de la CTS ainsi que les autocars de la Région seront moins chers à partir de jeudi 2 (avec des tickets illimité respectivement à 1,80€ et 2,5€). Si le pic dure un troisième jour, seuls les véhicules avec une vignette Crit’air 1 ou 2 seront autorisés dimanche et les transports en commun gratuits.
Magnifiques dans le ciel, es feux d’artifices ont généré une importante pollution dans l’air hivernal. (Photo Jorgen Kesseler / Flickr / cc)Photo : Jorgen Kesseler / Flickr / cc
La pollution au dioxyde d’azote (NO2), qualifiée « de fond » et très liée au trafic routier a aussi considérablement augmenté dans la soirée du 31 (environ multipliée par 4 ou 5 selon les stations.). Mais après des sommets entre 17h et 19h, elle est plutôt retombée autour de minuit.
La pollution de NO2 a connu plusieurs fluctuations en 72h, mais pas de pic autour de minuit. Photo : capture d’écran Atmo Grand Est
Ces relevés contrastent fortement avec ceux des stations des Vosges où la pollution est restée stable toute la nuit, à des niveaux faibles.
Il n’y avait pas eu de pic des pollution lors des Nouvel an 2017, 2018 et 2019.
Mouvements sociaux, ouverture de squats, recrudescence des actes antisémites, féminicides, violence policière… Rue89 Strasbourg vous propose un retour sur l’actualité locale de 2019 en 10 photos.
Le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie s’est rendu dans le quartier de l’Elsau au début de l’année 2019. En octobre, l’Eurométropole de Strasbourg et l’Etat se sont engagés à consacrer 1,3 milliards d’euros à la rénovation de sept quartiers de l’Eurométropole. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc Flaure Diéssé n’a cessé de se battre contre les violences policières impunies depuis que son fils Lilian, 16 ans, a été touché par un tir de LBD le 12 janvier 2019. Sa plainte a été classée sans suite en novembre dernier. Le défenseur des Droits s’est saisi de l’affaire. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc Dans toute l’Alsace, ainsi qu’à Strasbourg, les tags antisémites et les profanations de cimetières juifs ont connu une importante recrudescence en 2019. Mi-février, 70 tombes juives ont été profanées à Quatzenheim. Photo : Nathalie Boudonnat / Facebook Le 15 mars 2019, Strasbourg a connu une importante mobilisation. La grève mondiale des jeunes pour le climat a réuni plus de 5000 personnes dénonçant « l’inaction climatique ». Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Le 27 avril 2019, les Gilets jaunes se réunissaient à Strasbourg pour un « acte 24 » annoncé comme tendu par la Préfecture. La manifestation a été contenue à grand renfort de gaz lacrymogène. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc Le rappeur elsauvien Larry a connu une ascension fulgurante en milieu d’année, notamment grâce au son intitulé « Sacoche », qui cumule aujourd’hui plus de 9 millions de vue sur Youtube. Photo : Basile Berthou En juillet 2019, la foire Saint-Jean avait lieu pour la dernière fois dans le quartier du Wacken. La municipalité souhaite la répartir dans différents espaces du centre-ville d’ici l’année prochaine. Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas Fin juillet, un squat était ouvert au 91 route des Romains à Koenigshoffen. Depuis, « l’hôtel de la rue » héberge plus de 150 personnes sans domicile. Le bâtiment, propriété de la Ville de Strasbourg, était vide depuis plusieurs années. Photo : Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc Dimanche 17 novembre, plusieurs centaines de personnes ont participé à la marche blanche en hommage à Sylvia Auchter, victime du 131e féminicide en France depuis le début de l’année 2019. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc À Strasbourg, jeudi 5 décembre, plus de 10 000 personnes ont participé à la manifestation contre la réforme des retraites. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc Selon les prévisions de l’entreprise Vinci, le grand contournement ouest (GCO) devrait être mis en service en automne 2021. Ici, l’état des travaux en juillet 2019. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc
Chaque dimanche, Piet commente l’actualité strasbourgeoise de la pointe de son crayon. Un exercice délicat où il se paie le luxe d’exprimer sans filtre ce que ses collègues ne peuvent parfois dire qu’entre les lignes. Voici ceux qui nous ont le plus fait rire, qui vous ont le plus fait réagir, ou qui représentent le mieux l’esprit de Rue89 Strasbourg.
3 février : un parti européen d’extrême droite à Matzenheim
Piet choisit de faire honneur à une longue enquête de la rédaction. Un parti européen d’extrême-droite s’est implanté à Matzenheim. Il a servi de vitrine aux populistes européens et a notamment fourni des observateurs à des scrutins sous influence russe, non reconnus par l’UE, ni par l’ONU.
Dessin de Piet.
19 mai : La place Kléber qu’on mérite
Piet s’interroge sur le visage qu’offre la place Kléber : des grandes enseignes à foison et une suppression à venir du préau de la maison rouge. Celui-ci sera remplacé par de la surface commerciale… Une manière de chasser les marginaux qui s’y abritent, estiment certains.
26 mai : le bide de notre série européenne
Pour les élections européennes, Rue89 Strasbourg a joué le jeu en lançant une série de portraits « l’Europe a changé ma vie ». Le but était d’aller chercher les effets concrets des politiques européennes, à l’autre extrémité de la chaîne qui commence à la Commission à Bruxelles ou au Parlement à Strasbourg. Résultat, un énorme bide d’audience. Grand moment d’introspection pour la rédaction et pour Piet : pourquoi l’Europe intéresse si peu, et pourquoi les élections européennes brillent par leur taux d’abstention ?
27 octobre : la gauche asociale
La campagne pour les municipales se met en branle. Une fois n’est pas coutume, la gauche part très divisée. Si certains électrons libres ont déjà rejoint une écurie, il faudra compter au moins une liste écologiste et citoyenne, une liste socialiste, et une liste insoumise. Allez, plus que trois mois à faire semblant de ne plus se supporter.
24 novembre : Le marronnier de Noël
Oui on sait, vous avez les dents du fond qui baignent, et nous aussi. Mais parlons encore un peu du marché de Noël. On a débattu en long, en large et en travers du manque d’authenticité, du budget illuminations, des fastidieux points de contrôle… Piet se souvient de l’arrêté anti-mendicité qui a été reconduit pour l’occasion, c’est un des dessins qui vous a le plus fait réagir.
Les fumées ont été contenues en quelques heures sans faire de blessé.
Un incendie a touché l’usine d’incinération de Strasbourg, ce mardi 24 décembre en milieu d’après midi. Les pompiers ont dépêché 69 personnes sur place en raison d’un « risque de propagation à d’autres déchets ». Peu après 18h, le feu était éteint et la plupart des forces de secours reparties. Quelques reconnaissances finales se terminaient.
D’abord qualifié de « feu d’un moteur hydraulique », il a ensuite été requalifié en « feu de détritus », ce qui arrive parfois dans ces installations, mais d’habitude de moindre ampleur. Le foyer se situait au troisième étage du bâtiment principal. Les fumées ont été contenues dans ce local de « valorisation énergétique », ventilé et d’une surface de 1000m². Après les premières actions des équipes de sécurité de l’exploitant Sénerval, gênées par la présence de fumées épaisses et noires, les pompiers sont intervenus avec une lance à mousse.
Trois salariés ont été incommodés par les fumées mais non-intoxiqués. Ils sont restés sur place avec les 10 autres personnes indemnes.
Une trémie a été brûlée, mais l’incident ne devrait pas générer de chômage technique. Selon plusieurs ouvriers, un incendie de ce type peut venir d’un manque d’entretien de l’usine, comme l’avaient montré nos enquêtes. Ils relèvent qu’ils ne sont pas équipé des protections pour intervenir face à ces fumées.
Cet incendie a été maîtrisé Photo Yez @__Yez__ sur Twitter
incendie senerval une
L’usine d’incinération a été redémarrée progressivement mi-2019 après de lourds travaux de 2 ans et demi et dont 36 millions d’euros pour le désamiantage. L’ensemble de la crise a coûté plus de 200 millions d’euros à l’Eurométropole avec les détournements de déchets.
Du 24 décembre au 2 janvier, Rue89 Strasbourg rediffuse tous les jours un article de l’année qui a changé quelque chose à la vie locale.
L’année 2019 touche à sa fin. Il s’agit d’une année faste pour notre média en ligne lancé en 2012. Côté audiences, Rue89 Strasbourg a retrouvé ses niveaux de 2016 ou de début 2017, autour de 10 000 visiteurs par jour. Comme tous les sites d’information, nous avions été impactés par les changements d’algorithme de Facebook et avions perdu une part de trafic.
Par ailleurs, le nombre d’abonnés a correctement augmenté, autour de 600 membres. Pour rappel, il faudrait 1 000 abonnés pour stabiliser un poste de journaliste à plein temps et 3 000 pour maintenir le fonctionnement actuel sans apport de la publicité. Avec plus de soutiens, l’objectif est bien sûr de limiter cette dépendance à la pub, mais aussi d’accroître nos revenus pour proposer plus d’articles, d’événements et étoffer l’équipe. Plusieurs sujets ne sont pas traités par manque d’effectifs. Nous comptons sur vous.
L’importance de l’impact
À quoi sert le journalisme en 2019 ? C’était le thème de notre soirée de rentrée au Galet. À l’heure de la désinformation facile, parfois organisée, cette réflexion évolue en permanence. Cette année, Rue89 Strasbourg a produit certains articles qui ont « un impact » sur la vie locale. C’est une belle réussite pour notre média indépendant, qui n’appartient à aucun grand groupe. Comme vous le verrez chaque jour du 24 décembre au 2 janvier, ou dans la liste en dessous de ce texte, il s’agit parfois de petits détails du quotidien (un bus, de la propreté, une meilleure information…), de décisions politiques (délimitation des terrasses, précisions sur un voyage au Qatar), voire de suites juridiques (procès à la Maison des associations, dissolution du Bastion social).
Par le passé, nous avions bien sûr remarqué que des articles bien travaillés pouvaient entraîner des retentissements, qui ensuite nous échappent. Un des dossiers emblématique de Rue89 Strasbourg était par exemple celui des barquettes jetables dans les cantines scolaires. Fin 2016, la municipalité s’est finalement engagée à passer à l’inox réutilisable sous 4 ans, ce qu’elle n’avait pas prévu. Au contraire, d’autres révélations n’ont parfois pas eu de retombées. C’était le cas d’enquêtes sur les illuminations de Noël, le cinéma Odyssée, la brasserie de la Mercière. « L’impact » est donc loin d’être une science exacte, et ne dépend seulement des journalistes.
Par ailleurs, il est toujours difficile de savoir si un article « seul » suffit à modifier le cours des événements. Ce sont aussi les lecteurs, habitants, voire des collectifs ou associations concernées, qui vont ensuite porter un sujet, interpeller les autorités et lui donner une résonance plus forte. À ce moment-là, les journalistes doivent s’efforcer de suivre un dossier dont ils ont été le déclencheur. Ils le font vivre et racontent son évolution.
L’équipe de Rue89 Strasbourg vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’année Photo : Abdesslam Mirdass / Hans Lucas
Une première semaine de l’investigation qui en appelle d’autres
Peser sur la vie locale à Strasbourg, c’était aussi le but de notre première « Semaine de l’investigation locale » du 4 ou 8 novembre. Plusieurs enquêtes ont produit des effets et font partie de la sélection rediffusée. La période des festivités de fin d’année n’est guère propice aux grandes annonces, mais sachez déjà que la rédaction réfléchit à la possibilité de reproduire une nouvelle semaine de ce type en 2020.
Provoquer des réactions n’est pas prévisible et ne peut résumer notre ligne éditoriale. Ces articles côtoient le suivi et l’analyse de la politique locale, des sujets de société, un intérêt pour les mouvements sociaux, les quartiers, la Culture locale, etc. Mais lorsque nous suivons un sujet, nous accordons désormais une importance accrue à ses potentielles retombées, et pour qui. Nous allons poursuivre cette inclinaison en 2020.
Cette « affirmation » de la ligne éditoriale a en partie été rendue possible par la titularisation à plein temps de Guillaume Krempp, alternant pendant 2 ans et conservé en CDI, comme Jean-François Gérard avant lui. En parallèle, Rue89 Strasbourg conserve un noyau d’une quinzaine de journalistes indépendants. Qu’ils se voient ici remerciés pour leurs idées originales, leurs compétences variées (vidéo, photo, radio, dessin, etc.) ou leurs domaines de prédilection (enquêtes, témoignage, reportages, culture, etc.), qui permettent de produire un média varié tous les jours.
10 jours de rediffusions et bonnes fêtes !
Ainsi, du 24 décembre au 2 janvier 2020, Rue89 Strasbourg prend un peu le temps de souffler. La rédaction vous propose de (re)-lire 10 articles phare et leur impact. Chaque matin, un article sera publié en « Une » du site, sur les réseaux sociaux et dans sa newsletter.
La rédaction souhaite à tous ses lecteurs de bonnes fêtes de fin d’année et vous retrouve début janvier. D’ici là, quelques surprises seront publiées sur le site.
Mardi 17 décembre, une cinquantaine de touristes allemands arrivent à Strasbourg pour une visite express entre bus, balade et bateau-mouche. La plupart des visiteurs sont âgés et sympathisants de la CDU, un parti conservateur allemand. Admirateurs du marché de Noël, de ses décorations et de sa sécurité, nostalgiques de leurs amourettes françaises d’enfance, les visiteurs étaient moins enjoués au sujet de la réforme des retraites et de la grève…
Un car plein de touristes allemands vient de quitter la place de l’Etoile. Mardi 17 décembre, 8h30, le temps presse. Dans huit heures, les visiteurs seront déjà sur le trajet du retour pour l’Ouest de l’Allemagne, entre Bonn et Cologne. La visite commence par une heure de bus avec guide touristique. L’homme au micro rappelle l’histoire de Strasbourg et de l’Alsace, entre appartenance à la France et annexion allemande : « Imaginez un Pierre Maître né en 1865 a dû s’appeler Peter Meister dès 1870 et il a encore changé de nom trois fois jusqu’en 1945. »
France et Allemagne se mélangent
Tout au long de la visite, la France et l’Allemagne se mélangent à Strasbourg, aussi bien dans son Histoire, que dans son architecture. Le port de Strasbourg est le deuxième plus important sur le Rhin… après celui de Duisburg. Après un bref passage devant l’Orangerie et les institutions européennes, le bus traverse la Neustadt et ses édifices construits sous l’empereur allemand Wilhelm II. Vers 10h, les touristes allemands sortent du bus au niveau des ponts couverts.
Les touristes allemands verront le Parlement européen trois fois en deux jours. La veille, ils ont visité l’intérieur du bâtiment. Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
Marché de Noël et décorations
La septuagénaire Gabrielle adore le marché de Noël strasbourgeois : « Ce n’est pas comme à Cologne, où tout tourne autour de la nourriture et de la boisson. Ici, il y a de belles décorations », explique-t-elle. Les fouilles des sacs, les policiers et les militaires en patrouille ne la gênent pas… bien au contraire : « En Allemagne, il n’y a pas de fouille. Ici, c’est super, on se sent en sécurité. »
Gabrielle adore le marché de Noël strasbourgeois : « En Allemagne, il n’y a pas de fouille. Ici, c’est super, on se sent en sécurité. » Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
« L’impression d’être chez moi »
Au cœur de la Petite-France, Bernhard admire les vieilles maisons de tanneurs : « Ça me donne l’impression d’être chez moi », dit-il en souriant. Interrogé sur les manifestations contre la réforme des retraites, l’ancien conseiller fiscal affiche son incompréhension : « Comment est-ce possible d’avoir autant de régimes spéciaux ? Et à quel âge partez-vous en retraite ? Nous, nous avons la retraite à 67 ans. » Bernhard en a 68. Il a arrêté de travailler il y a 8 ans déjà « mais j’ai eu une décote importante ! », ajoute-t-il.
Bernhard, ancien conseiller fiscal : « Et à quel âge partez-vous en retraite ? Nous, nous avons la retraite à 67 ans. » Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
À qui est Gutenberg ?
La visite guidée est une ode à la grandeur de Strasbourg… souvent contredite par les visiteurs allemands. « Jusqu’au XIXe siècle, la cathédrale de Strasbourg était la plus haute du monde », explique le guide. Un touriste termine la phrase : « Maintenant, les cathédrales de Cologne et d’Ulm sont plus hautes ! » Même combat sur la place Gutenberg : le guide affirme que l’imprimerie a été découverte dans la capitale alsacienne. Un homme en imper et béret gris répond : « Enfin Gutenberg, c’est quand même un nom allemand ! »
La visite guidée est une ode à la grandeur de Strasbourg… souvent contredite par les visiteurs allemands. Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
Voyage aux frais du député
11h30. Embarquement à bord du bateau-mouche. Les touristes verront le Parlement européen pour la troisième fois en deux jours, puisqu’ils l’ont visité la veille. Il faut dire qu’un eurodéputé allemand a payé le voyage des visiteurs, venus de la même circonscription de Rhénanie du Nord.
Axel Voss est membre du parti conservateur allemand de la CDU (droite) et entame son troisième mandat. L’une des rares étudiantes du groupe a fait son stage dans le cabinet de l’homme politique. Le père de Laura est aussi là. Il a visité Strasbourg deux fois grâce à Axel Voss.
Laura, étudiante en sciences de la communication, a fait un stage chez le député européen Axel Voss, qui a payé le voyage pour la cinquantaine de touristes. Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
Quartier libre
Vers midi trente, c’est quartier libre pour les touristes. Un groupe d’une dizaine de retraités se dirige vers la place Saint-Étienne. Sur le chemin, Wilfried, 81 ans, se souvient de son premier voyage en Alsace.
Avec nostalgie, il évoque les années 70 où les Alsaciens parlaient allemand. « On pouvait communiquer avec les gens, maintenant plus personne ne parle la langue », regrette-t-il avant de décrire la Volkswagen qu’il conduisait à l’époque.
« Maintenant plus personne ne parle l’allemand », regrette Wilfried, 81 ans. Photo : Fanny Laemmel / Rue89 Strasbourg / cc
Amours et cantine du FEC
La bande d’amis d’enfance se dirige vers la cantine du Foyer Etudiant Catholique (FEC). Ils viennent profiter d’un menu à 7,80 euros « quand le plat coûte souvent 20 euros au restaurant », grimace la femme qui mène la balade.
Un groupe d’une dizaine d’amis mangent à la cantine du FEC pour éviter de payer un repas trop cher.
Devant un plateau plein, entre frites, burger, soupe et yaourt, Gerda tient à raconter son histoire d’amour française. Née en 1952, elle a échangé des lettres avec un certain Francis Grevon dans les années 60, après avoir visité son village en Normandie, Poix du Nord. Son voisin d’en face renchérit avec une autre amourette française de jeunesse. À la fin du repas, Gerda tient à nous donner son adresse postale : « Peut-être que Francis lira votre article ? J’aimerais beaucoup qu’il m’écrive ».
Cette semaine, Rue89 Strasbourg vous parlait de la politique de réduction des déchets. Alors que la ville tente de faire de la sensibilisation avec ses « quiz du tri », Piet vous propose de faire la même chose en triant les politiques strasbourgeois. Attention, il y a des pièges !