Deux semaines après la levée des restrictions sanitaires, les contaminations au covid-19 sont fortement reparties à la hausse dans le Bas-Rhin. Les hospitalisations pour des cas critiques restent cependant stables.
Depuis la fin du passe vaccinal et du port obligatoire des masques lundi 14 mars, le taux d’incidence de covid-19 dans le Bas-Rhin a augmenté de presque 35% en deux semaines. Dans la période du 16 au 22 mars, 80 709 nouveaux cas ont été confirmés dans le Grand Est, dont 6 701 dans l’Eurométropole de Strasbourg. Aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, il y avait 83 personnes hospitalisées pour des cas graves de covid le 28 mars, dont quatre adultes en réanimation.
Photo : Graphique Germain Forestier
Selon un communiqué de presse de l’Agence régionale de Santé du 25 mars, le taux d’incidence dans le Grand Est a le plus augmenté parmi les adolescents de 10 à 19 ans (1 995 au 22 mars). Ce taux reste élevé dans toutes les tranches d’âge, il est de 1 464 en moyenne du 16 au 22 mars. Cette augmentation de l’incidence est observée dans toutes les métropoles de France mais l’Eurométropole de Strasbourg connaît la troisième plus forte augmentation.
Evolution du taux d’incidence sur une année dans le Bas-Rhin – cliquez pour afficher en grand Photo : graphique Germain Forestier
Selon le Dr Nicolas Lefebvre, infectiologue et chef du services des maladies infectieuses aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, dans une interview aux DNA, cette hausse est « très clairement » le résultat de la levée des restrictions sanitaires.
Malgré cette hausse des contaminations, les hospitalisations baissent légèrement (-7%). Le nombre de décès restent à un niveau de 1,06 pour 100 000 habitants. La couverture vaccinale complète moyenne pour le Grand Est s’établit à 77,4% de la population concernée au 21 mars.
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Raison n°8 : un média au contact des luttes sociales
Le teaser 2022 de Rue89 Strasbourg (vidéo Les Indépendants)
Quelque fois, des lecteurs nous disent : « vous soutenez cette manifestation » car un article l’annonçant a été publié, une assertion revenue de manière accrue à chaque article évoquant les mouvements d’opposition au passe sanitaire. C’est toujours une remarque, souvent sous la forme d’un reproche, qui nous étonne car Rue89 Strasbourg est produit par une équipe dont les journalistes n’ont pas les mêmes idées sur tous les sujets. Nous n’actons pas de position « pour » ou « contre » du média, comme une association ou un parti politique pourrait le faire, afin de décider s’il faut ou non traiter d’une mobilisation.
Notre travail est de rendre compte des mouvements sociaux, quels qu’ils soient, même lorsqu’ils sont hétéroclites, sans revendication claire ou empoisonnés de complotisme… Nous devons les contextualiser, réfléchir à leur sens et apporter à chaque fois une plus-value journalistique. Et en effet, nous accordons beaucoup d’importance au fait que des personnes prennent sur leur temps pour revendiquer, s’engager et s’organiser en dehors des institutions. Pourquoi ? Déjà parce que c’est souvent la seule manière pour des personnes de se faire entendre, quand on ne détient pas de pouvoir politique ou financier. Ensuite, parce que les mouvements sociaux sont bien souvent annonciateurs des défis qui viennent. En 2018 et 2019 se sont succédées à Strasbourg des marches féministes et pour le climat à Strasbourg, de manière beaucoup plus prononcées que par le passé. Quelques mois plus tard, c’est une femme qui se revendique de l’écologie et du féminisme qui a été élue maire de la ville.
Des questions qui traversent la société
La lutte de longue haleine contre le Grand Contournement ouest (GCO) de Strasbourg est sans doute la mobilisation qui suscité le plus d’articles (relire cet article de 2017 sur les bonnes raisons d’en écrire autant) sur Rue89 Strasbourg. La question n’est pas si les journalistes sont individuellement pour ou contre cette infrastructure. Maintenant que l’autoroute est construite, pro et anti d’hier se retrouvent sur la nécessité d’avoir des mesures pour rendre Strasbourg plus accessible (et de ne pas couper des arbres par centaines). C’est le cas avec le Réseau express métropolitain (REM), une réorganisation du réseau d’autocars régionaux, des réflexions pour déporter du flux de marchandises par le train plutôt qu’en camion. Des éléments qui étaient peu présents dans la réflexion lors de la relance du projet d’autoroute en 2013 et qui ont été mis dans le débat public avec la mobilisation.
La fin d’année 2021 et le début 2022 ont été marquées par beaucoup de mobilisations autour des conditions de travail (au tribunal, à l’hôpital, chez les travailleurs sociaux, à l’usine Kronenbourg, à la CTS etc.). Au-delà de ces actions visibles, la question de la place, du sens et des conditions de travail sont au cœur de nombreuses réflexions individuelles et collectives de notre société, de manière beaucoup plus diffuse.
Soutenir Rue89 Strasbourg, c’est s’assurer d’être au fait des mouvements sociaux et de leur évolution aujourd’hui. Et des défis de demain.
Après la bronca, de nouveaux panneaux ont été apposés en amont de ceux indiquant le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, afin de signaler l’accès gratuit vers la ville, par le nord et par le sud.
Deux panneaux valent mieux que tomber dedans. C’est la petite morale que l’on pourrait tirer de la curieuse gestion de la signalisation autoroutière à la mise en service du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
Plutôt que de changer les panneaux trompeurs (voir notre article), les élus et administrations ont trouvé une autre solution : ajouter des panneaux supplémentaires, apposés ce lundi 28 mars, soit trois mois après la mise en service du contournement payant.
Au sud, entre Krautergersheim et Innenheim, figure un panneau blanc qui indique « Strasbourg-sud suivre Illkirch-Graffenstaden ». Idem en venant du côté de Molsheim à l’ouest. Au nord sur l’A35, à hauteur de Hoerdt, un panneau similaire est apposé avec la mention « Strasbourg-nord suivre Schiltigheim ». Une manière implicite de préciser qu’un peu plus loin, le grand panneau bleu qui surplombe la chaussée au niveau des échangeurs relève de l’entourloupe. En effet, seul « Strasbourg [payant] » figure sur ces derniers, ce qui conduit les automobilistes vers le GCO payant même s’ils veulent se rendre à Strasbourg, en dépit du bon sens.
Le président de la Collectivité d’Alsace, Frédéric Bierry s’est rendu à la pose de l’un des panneaux. Photo : remise / CeA
Pas de changement sur l’A4, autre point trompeur
Mais toutes les inepties de ce feuilleton ne sont pas corrigées. Ainsi, rien ne figure sur l’A4 en venant d’Haguenau ou Brumath, un secteur dont la gestion relève de la société Sanef. Pour que des panneaux soient ajoutés ou modifiés sur cet axe, il faudrait que l’État, via le ministère des Transports, modifie son arrêté initial, pris en novembre 2018. La Sanef indique avoir été saisie d’une demande de la CeA pour apposer des panneaux similaire, qui est « en cours d’étude » et soumise à une validation de l’État.
Au-delà du côté pratique, les automobilistes locaux et les GPS ayant pris leurs habitudes, la question des panneaux a pris un tour symbolique. Beaucoup d’utilisateurs ont perçu cet affichage que comme une volonté déguisée de rabattre un maximum de véhicules vers l’axe payant, plutôt que sur l’accès gratuit, souvent plus rapide et plus court.
Même la société Vinci, exploitante du contournement, n’y était pas favorable ! Dans sa proposition dès 2016, le groupe français autoroutier souhaitait que l’affichage du contournement soit conforme à sa vocation initiale, à savoir un… contournement, plutôt qu’un détour pour devenir entrer dans la capitale alsacienne.
Trois panneaux sur trois accès des routes gérées par la Collectivité d’Alsace, mais pas sur l’A4 gérée par la Sanef. Photo : doc CeA
Des panneaux en plus pour ne vexer personne
Cette solution permet que personne ne perde la face. L’État n’a pas à se déjuger ni à démonter les panneaux que le ministère avait lui-même validé. La Collectivité d’Alsace (CeA), qui s’occupe désormais de la majorité des routes alsaciennes, se pose en recours et porteuse du bon sens. Une manière de rectifier le tir après la proposition initiale de signalisation, puisqu’elle émanait de son ancien directeur des routes lors d’une réunion technique dès le 4 juin 2018, selon un compte-rendu qu’a pu consulter Rue89 Strasbourg.
Quant à l’Eurométropole, qui a changé de majorité politique en 2020, elle a donné un avis favorable à ces panneaux supplémentaires. La même Eurométropole avait certes demandé qu’un accès gratuit soit maintenu en 2017, mais elle ne s’était pas opposée à la solution proposée lors de la réunion interservices du 8 juin 2018, et depuis controversée.
La métropole est dans l’attente d’un schéma directeur de signalisation de l’agglomération. En clair, il s’agirait de se mettre d’accord sur ce qui devrait être signalé au bord des routes… et surtout de ce qui ne le serait plus ! Un sujet hautement sensible comme l’a démontré la question du GCO.
SekuOuane, graffeur strasbourgeois, défend l’acte politique du graffiti, même s’il se sent de plus en plus seul dans une ville dont les murs sont souvent livrés aux œuvres légales.
Le graffiti est un art de rue qui s’est développé à la fin du XXe siècle à New York, en même temps que le hip hop. Né des signatures, le graff a ensuite évolué vers des formes plus complexes. Strasbourgeois, SekuOuane se considère comme un graffeur de la « middle school », c’est à dire celle qui a connu les débuts des années 2000, tout en lettrages, aux graffs récents, qui utilisent de nouvelles techniques, telles que la reproduction d’images.
SekuOuane, qui tient à rester anonyme, reçoit près de la Semencerie, cet espace autogéré de production artistique créé dans un entrepôt du quartier Laiterie en 2008. Il s’agit aussi de l’une des rares friches de la ville où existe du graffiti sauvage, autrement appelé « vandale ».
Un mur graffé de la Semencerie Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc
Rue89 Strasbourg : Pourquoi existe-t-il toujours un graffiti « vandale » alors que le graffiti est très souvent « légal » désormais ?
SekuOuane : Le graff « vandale » est illégal par essence. Considéré comme nuisible par certains, c’est un moyen de communication et d’appropriation de la rue pour ceux qui l’utilisent. Le vandale permet de montrer le courage et les exploits du graffeur, qui est parvenu à réaliser une œuvre dans un endroit pas évident, et sans se faire voir… On se sent exister à travers cet acte. Il peut aussi visibiliser des artistes qui n’auraient pas forcément trouvé leur place dans l’univers légal, dans une galerie d’art, ou qui ne souhaitent pas être exposés dans ce milieu.
Pour ma part, j’ai commencé le graff dans les années 2000 à Strasbourg car il y avait une grosse scène vandale à cette époque. Entre 2004 et 2007, je me suis tourné peu à peu vers le légal. Le graffiti légal a une vocation plus esthétique ou décorative. Il s’adresse au grand public et permet d’exploiter complètement la surface du support, un peu comme une grande toile dans la rue. Le légal me permet aussi de prendre du temps pour réaliser une fresque, explorer d’autres facettes et faire passer plus de messages aux dimensions politiques ou militantes.
Ce mur a été repeint après la pose d’un graffiti antifasciste. En réponse, des graffeurs ont ensuite recouvert le mur de messages politiques. Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg / cc
Le graffiti est-il toujours politique ?
Le fait de « marquer » l’espace public est déjà un acte d’expression politique, qui a traversé les époques. Que ce soit par signe de résistance, comme avec la Rose Blanche en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, ou bien pour signaler la présence de marginaux, comme avec les sans-abris qui trouvaient refuge dans les trains aux États-Unis dans les années 1920. Cette forme d’écriture murale n’avait pas une vocation artistique, il s’agissait plutôt d’un moyen de transmettre certains messages dans un contexte qui ne permettait pas d’autres modes d’expression.
Graffiti de SekuOuane, dénonçant les « bavures » policières Photo : SekuOuane / doc remis
Dans les années 1950 à 1960, cet art de rue s’est développé dans les quartiers de New York ou de Philadelphie aux États-Unis. Le but était de reprendre ces techniques dans un contexte où la guerre du Vietnam, les gangs et la drogue poussaient les artistes à vouloir trouver un échappatoire. C’était aussi un moyen pour les minorités du quartier du Bronx qui tentaient d’accéder à Manhattan d’être visibles.
Le graffiti tel que nous le concevons s’établit dans les années 1980 en France, avec l’apparition de styles musicaux comme le rap. À cette époque, le graff n’est pas nécessairement partisan.
Peindre dans la rue est « surprenant », dans le sens où un graffeur va interpeller le passant par sa présence, car il impose son art dans l’espace public. Donc que ce soit conscient ou non, le fait de peindre dans la rue reste néanmoins un acte politique.
Sculpture Graffiti de SekuOuane et Nelson, dans le cadre du projet Trait d’Union 2 Photo : Dorothée Parent / doc remis
Le graffiti se dépolitise-t-il à Strasbourg ?
Le jour où il n’y aura plus du tout de graff vandale, on pourra dire que le graffiti s’est dépolitisé. À Strasbourg, il y a encore beaucoup de graffitis aux messages et aux symboles politiques, notamment dans le quartier de la gare. Mais le vandale est aujourd’hui moins présent. Cela peut aussi dépendre d’une année à l’autre, tu peux avoir beaucoup de graffitis une année, tandis que la suivante plus du tout.
Les autorités nettoient quasiment systématiquement certains endroits, notamment dans l’hypercentre. Cet art devient aussi une formidable pompe à fric qui permet de privatiser l’espace public, comme par exemple avec cette tendance de peindre les boîtiers électriques. Il s’agit principalement d’initiatives privées, ou lancées parfois par les pouvoirs publics. Cela anime les tensions entre graffeurs.
Le street art a aussi créé une forme d’entrisme dans le mouvement. Cet art englobe un ensemble de pratiques qui se sont développées depuis les années 1960. Il peut s’agir d’installations urbaines, comme de pochoirs, de stickers ou encore d’affiches. Il a une esthétique street mais une partie de ses artistes ne vient plus forcément de la rue et ne sont pas prêts à porter un message politique.
Stop Capitalism dans la rue des Grandes-Arcades, militantisme ou privatisation ? Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Quelles sont les solutions pour éviter un embourgeoisement du graff ?
Pour que le graff conserve son authenticité, il serait important de revenir vers son origine populaire. Il faudrait lui accoler une dimension sociale, en incluant plus de graffeurs débutants. Par exemple, si des initiatives sont organisées pour mettre en avant des acteurs locaux, ce serait bien de proposer un appel à candidatures pour une partie des graffeurs conviés. Ce qui compte, ce n’est pas uniquement ce que tu as fait par le passé, mais aussi ta technique, ta créativité ou ta tenacité. Il est important également de créer une forme alternative au discours dominant. Le graffiti doit sans cesse se renouveler pour ne pas finir englouti par le « système », c’est-à-dire le capitalisme et sa capacité à pouvoir englober toute forme de dissidence en son sein.
En 2018, alors qu’elle était vice-présidente de la Région Grand Est chargée de l’agriculture, Pascale Gaillot a encouragé au moins une subvention de 156 000 euros pour une association regroupant des entreprises agricoles, dont son mari est partie prenante. Désormais candidate aux élections législatives, elle doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Strasbourg le 5 juillet.
Pascale Gaillot est candidate pour Les Républicains aux élections législatives de juin sur la première circonscription des Ardennes. Juste après, le 5 juillet, elle comparaitra devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour « prise illégale d’intérêts par un élu public ».
Les faits datent de 2018. Le Canard enchainé a révélé que cette année là, la Région Grand Est avait versé 280 000 euros de subventions à l’association Terrasolis, dont le trésorier est Joachim Gaillot. L’épouse de ce dernier n’était autre que Pascale Gaillot, alors vice présidente de la Région Grand Est en charge de l’agriculture.
La Maison de la Région Grand Est à Strasbourg. Photo : Région Grand Est
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Raison n°7 : un média vigie démocratique et citoyenne
Le teaser 2022 de Rue89 Strasbourg (vidéo Les Indépendants)
Rue89 Strasbourg n’a pas parlé du foie gras qui n’est plus servi dans les réceptions de la mairie. Ce jour-là nous avons parlé du mal relogement. En plus de son loyer actuel, une famille se retrouvait à payer le loyer de son nouveau logement, mais sans avoir le droit d’y habiter. Un article qui a poussé le président d’Ophéa, Salah Koussa, à s’expliquer et prendre des engagements.
C’était un sujet à notre initiative, suite à une alerte d’habitants, et non pas une réaction à ce qu’a communiqué une association. Nous avions bien reçu le mail initial de l’association PETA comme tous les autres médias. Face aux nombreux articles, même dans la presse nationale, nous avons hésité et débattu de l’opportunité de traiter de ce sujet, y compris avec nos abonnés dans le groupe dédié. Nous avons finalement conclu que ce serait du temps de journalisme mobilisé pour un sujet où tout avait été dit et dont l’impact sur la vie des Strasbourgeois est limité. La passe-d’armes s’est terminée dans une hypocrisie générale, lorsque personne ne s’est souvenu d’avoir mangé du foie gras lors d’une réception à la mairie…
Partir de situations concrètes
Cette séquence est une illustration notre traitement de la politique locale. Partir de situations concrètes, du terrain, de changements sur la vie des habitants… Il ne s’agit pas seulement de courir après chaque communiqué de la majorité, ni d’embrayer sur chaque point soulevé par l’opposition. C’est aussi ça le résultat de notre indépendance.
À chaque conseil municipal, nous proposons de commenter en direct de l’ensemble de la séance (qui peut durer jusqu’à 12 heures d’affilée !). Le but est de décrypter les prises de paroles, relever la mauvaise foi, les approximations et aller au-delà de la langue de bois, qui paraît parfois bien soporifique si l’on ne possède pas les sous-titres… Un exercice que ne propose aucun média local à Strasbourg et à notre connaissance nulle part en France. En suivant, la politique depuis 10 ans, nos journalistes s’attachent aussi à avoir un historique de l’action locale. Une mémoire précieuse pour mettre en perspective les informations.
Enfin notre suivi de la politique, c’est aussi l’enquête. En conseil municipal de Strasbourg, il avait été dit que les élus présidents de l’office du tourisme ne recevaient pas de rémunération, ce qui n’était pas légal. Or, après des investigations, nous avons découvert en 2019 que c’était toujours le cas. Ces rémunérations ont depuis cessé.
En d’autres termes, le simple fait qu’un média d’alerte existe modifie les comportements des élus, des administrations et des citoyens. Nous passons en revue tous les ordres du jour lors avant les conseils de l’Eurométropole et du conseil municipal. Avec plus de journalistes, nous pourrions davantage suivre des institutions comme la Collectivité d’Alsace, la Région Grand Est, ou traiter davantage de sujets hors de la métropole.
Soutenir Rue89 Strasbourg avec un don, c’est s’assurer que des journalistes veillent et surveillent la conduite des affaires locales. Une manière de réduire les risques de corruption dans sa ville.
En résidence journalistique au collège Hans Arp dans le quartier de l’Elsau ou lors d’interventions dans le cadre de la Semaine de la presse à l’école, Rue89 Strasbourg participe à rapprocher la jeunesse des médias en les sensibilisant à la valeur de l’information.
La résidence journalistique au collège Hans Arp a plutôt mal commencé. En novembre 2021, la classe de 4ème G a réalisé un sondage auprès de leur promotion. Dans un petit article, Alexia et Asma en résume les résultats, dont le plus douloureux :
« La question ultime que tout le monde se pose est “Faites-vous confiance aux journalistes ?” Eh bien non, 51,14% d’élèves ne font pas confiance aux journalistes, contre 38,71% d’élèves qui font confiance aux journalistes. »
Objectif : réduire la fracture avec les journalistes
Rue89 Strasbourg tente de réduire la fracture bien réelle entre les populations des quartiers périphériques de la ville et les journalistes. Cette intention s’est concrétisée par l’opération « Quartiers connectés » et de nombreuses réunions avec les habitants de l’Elsau, de Hautepierre, de la Gare et de la Meinau pour connaître leurs préoccupations et ainsi rédiger des articles au plus proche du terrain.
Réunion publique dans le cadre du projet « Quartiers connectés » à la Meinau. Photo : Danae Corte / Rue89 Strasbourg / cc Autre forme de réunion avec les habitants : poser quelques chaises et quelques articles de Rue89 Strasbourg à côté du marché de l’Elsau Photo : Danae Corte / Rue89 Strasbourg / cc
Cet objectif se poursuit aussi à travers nos interventions en milieu scolaire, en premier lieu notre résidence journalistique initiée à la rentrée 2020 au sein de l’école élémentaire Martin Schongauer et du collège Hans Arp. L’année dernière, les élèves de deux classes de ces établissements avaient enquêté, microphones à la main, sur le thème de l’alimentation dans les quartiers de l’Elsau et de la Montagne Verte. Les reportages sont à retrouver dans cet article.
Au collège Hans Arp, cette année scolaire 2021 / 2022, nous continuons de sensibiliser les élèves à la valeur de l’information, à la façon dont elle est produite, ainsi qu’à la nécessité de l’investigation. Au-delà des interventions ponctuelles dans des classes, pour présenter le métier, la façon d’y accéder et ses conditions de travail, notre résidence journalistique se caractérise par un projet principal avec une classe.
Photo prise par un élève de 4G du collège Hans Arp, en reportage sur les activités des Elsauviens dans leur parc.
Cette année, nous avons fait l’acquisition d’appareils photos jetables. En binôme, les élèves ont défini une question à laquelle ils ont répondu par un reportage-photo. Une fois les meilleures photos sélectionnées et développées, une exposition sera mise en place au sein de l’établissement. Mettre des élèves en situation de produire un travail journalistique nous semble être la meilleure méthode pour sensibiliser les plus jeunes aux enjeux de l’information.
Des interventions plus courtes, un objectif à long terme
Il y a d’autres interventions, bien plus succinctes. Dans le cadre de la semaine de la presse à l’école, Rue89 Strasbourg est intervenu dans le collège de l’Esplanade et au sein du gymnase Jean Sturm. Pendant deux heures, nous avons sensibilisé une classe par établissement aux enjeux médiatiques. Qu’est-ce qu’une information ? Qu’est-ce qu’un média indépendant et pourquoi est-ce important ? Comment vérifier la fiabilité d’un site internet ? Comment retrouver l’origine d’une photographie circulant sur les réseaux sociaux ? Voici les questions fondamentales qu’il faut aborder avec un public de 14 ans.
Ceci pour la stratégie à court-terme. À plus long-terme, nous espérons bien évidemment susciter des vocations dans des quartiers où vivent peu, voire aucun journaliste. Dans les rêves de Rue89 Strasbourg, dans 10 ans, un ou une élève du collège Hans Arp serait embauchée au sein de la rédaction. Nul doute que ce ou cette journaliste pourrait proposer des sujets inédits. Journalistes engagés, nous sommes conscients que nos origines, notre parcours et notre situation socio-économique influencent nos idées de reportage, d’interview ou d’enquête. C’est pour cette raison que nous serions ravis de diversifier notre équipe avec un ou une journaliste issue d’un quartier populaire de Strasbourg.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
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Raison n°6 : soutenir un média engagé qui produit des effets concrets
Les impacts plus diffus, la « menace Rue89 Strasbourg »
L’impact de Rue89 Strasbourg est parfois plus difficile à saisir. Un inspecteur du travail qui lit notre article et découvre les pratiques douteuses d’une entreprise sur son secteur ; son intervention donnera lieu à un versement de près de 150 000 euros d’heures supplémentaires impayées pour les employés. Un article sur les maltraitances d’un expert-psychiatre auprès du tribunal judiciaire de Strasbourg a aussi permis à ses victimes de se rencontrer. Briser le silence permet souvent de briser la solitude, parfois un premier pas vers une reconstruction. Ces impacts ne figurent pas en Une de votre média en ligne. Ils restent malgré tout bien réels.
Média à l’écoute du terrain, Rue89 Strasbourg a un dernier impact qu’il nous est, par définition, impossible de raconter. Cet effet concret, c’est la pression qu’exerce un journal engagé pour la justice sociale en existant tout simplement. Notre impact commence ainsi avant la rédaction d’un article. Nous l’avons réalisé à plusieurs reprises cette année. Lors d’un reportage auprès des artistes et artisans du quartier Coop, l’un d’eux explique avoir eu des difficultés avec la municipalité au niveau de la qualité des travaux et du respect du calendrier d’ouverture : « On a pensé à vous alerter il y a deux ans. Mais au final, il a suffi qu’on menace d’écrire à Rue89 Strasbourg pour obtenir gain de cause. »
Quelques semaines plus tard, nous avons eu le même retour d’un soignant des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) : dans les services en grande difficultés, médecins ou infirmières n’hésitent plus à alerter Rue89 Strasbourg car ils savent qu’un appel du média d’investigation local à la direction de l’hôpital peut contribuer à trouver une solution plus rapidement.
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Mercredi 23 mars, des insultes racistes ont été proférées contre des jeunes de l’équipe U15 de l’AS Neudorf lors d’un match de football à Scherwiller. Les deux clubs « enquêtent » mais la présidence de l’AS Neudorf préfère garder ces faits sous silence.
Le match entre les U15 de l’AS Neudorf et ceux de l’US Scherwiller pour les 8ème de finale de la coupe de football du Crédit Mutuel Alsace a été interrompu à quelques minutes de la fin mercredi 23 mars vers 19h30. L’arbitre a sifflé la fin du match après qu’une bagarre ait éclatée sur le terrain entre deux joueurs des équipes opposées.
L’origine de cet affrontement n’est pas encore déterminée mais des insultes racistes ont été proférées contre les joueurs de l’AS Neudorf pendant le match, selon plusieurs témoignages parvenus à Rue89 Strasbourg.
Sur un post Facebook datant du 23 mars au soir, le coach de l’AS Neudorf, Jacky, commente « Mais quelle déception, hormis le match. Des insultes racistes envers les garçons, sales arabes, sales nègres. […] Je suis très déçu. » Ce post a également été relayé par la page Facebook de l’AS Neudorf.
Post Facebook de Jacky dénonçant les injures racistes proférées mercredi 23 mars lors du match à Scherwiller Photo : Capture d’écran Facebook
Un footballeur contacté par Rue89 Strasbourg a pu entendre ces injures racistes :
« Lorsque l’un des membres de l’équipe de l’AS a tiré un coup franc, j’ai pu entendre “bamboula” ou encore “il a de la force parce que c’est un noir”… Après le match, des gens ont traité des joueurs de l’AS de “sale arabe” ou “sale noir”. Il y avait des insultes, mais pas de coups à part durant l’altercation qui a eu lieu à la fin du match. Ces insultes ont continué d’un vestiaire à l’autre… C’était principalement des humiliations, des moqueries générales envers toute l’équipe, mais aussi des injures racistes. »
Selon un parent, certains enfants auraient « pleuré dans les vestiaires ».
Témoin des faits, l’entraîneur a été choqué par les propos tenus et s’en est ouvert sur son profil Facebook Photo : capture d’écran
Contacté par Rue89 Strasbourg, le coach Jacky, témoin de ces faits et choqué par leur ampleur, n’a pas été autorisé à répondre à nos questions par la présidente de l’AS Neudorf, Nathalie Gignac. Cette dernière n’a concédé qu’une réponse écrite envoyée par SMS à la rédaction :
« Cette affaire, s’il y a affaire, sera réglée au niveau des instances du football. Il y aura enquête et on discutera après avoir recueilli tous les éléments. (…) Je suis depuis 20 ans dans le football, je sais très bien comment ça se passe. »
Lors d’une affaire précédente de racisme sur un terrain de foot en Alsace, en mai 2018, la Ligue de football amateur avait fini par sanctionner indistinctement tout le monde, victimes comprises. L’entraîneur du club et la principale victime ont arrêté le foot suite à ce traitement indifférencié et niant le caractère raciste de l’agression.
Un éducateur de l’entente du Haut-Koenigsbourg, dont fait partie l’équipe U15 de Scherwiller, était présent dans le public ce mercredi soir. Il n’a pas entendu d’injures racistes mais se souvient de l’altercation :
« La tension était montée sur le terrain entre les joueurs. Les camarades du Neudorf se sont regroupés autour des deux protagonistes. Les coachs des équipes respectives ont séparé les deux jeunes, puis l’arbitre a mis un carton rouge aux deux adolescents. J’étais trop loin pour entendre lorsque deux jeunes se sont frictionnés avant la bagarre. Après le match, tout le monde était plutôt secoué. Les supporters et les joueurs de Scherwiller comme du Neudorf se sont insultés les uns les autres. Je me suis moi-même fait agresser verbalement par un parent du Neudorf. »
Le racisme dans le football amateur, toujours un sujet tabou… (Photo Markus Spiske / Pexels)Photo : Photo Markus Spiske / Pexels
L’omerta règne au sein des clubs de sport
Le président de l’US Scherwiller, Éric Fehlmann, affirme que depuis cet événement, le club mène une enquête :
« Nous ignorons toujours l’origine de la bagarre. Nous questionnons les témoins afin de comprendre ce qu’il s’est passé. Nous avions déjà mis en place une charte du joueur pour lutter contre les discours racistes ou de haine. Nous avons décidé qu’à présent, il faudra lire et signer la charte pour devenir adhérent, tout en rappelant les valeurs éducatives. Il faut dénoncer le racisme car ce n’est pas normal si de telles injures ont été proférées. Mais il ne faut pas non plus stigmatiser tout un club pour des propos potentiellement tenus. »
Du côté de l’AS Neudorf, la présidente indique que le club participe à la « journée contre la haine et le racisme », organisée par le district d’Alsace du football amateur dans le cadre d’une campagne nationale, samedi 26 mars. Mais Nathalie Gignac a refusé de dénoncer les faits dont ont été victimes ses joueurs, provoquant en cascade une omerta sur ces comportements racistes. Plusieurs jeunes que Rue89 Strasbourg a contacté ont indiqué qu’ils ne voulaient plus nous répondre tandis que des parents contactés se sont rétractés par peur de représailles du club…
À l’occasion de la présidence française de l’Union européenne et malgré les tensions actuelles, une première édition du festival Cinémas d’Europe sans frontières se déroule du 24 mars au 4 avril dans trois cinémas strasbourgeois. Des dizaines de films allemands, italiens, turcs ou encore hongrois sont programmés.
Animée par une volonté de renforcer l’identité culturelle de l’Europe, le cinéma Odyssée propose un festival, appelé Cinémas d’Europe sans frontières. Le cinéma municipal, qui va prochainement changer de direction, a été rejoint par les cinémas strasbourgeois Vox UGC Ciné-Cité, ainsi que par le Trèfle de Dorlisheim (qui a été le sujet d’une enquête de Rue89 Strasbourg récemment). Jusqu’au 4 avril, au prix de 5€ la séance, des films de tout le continent sont diffusés en version originale sous-titrée, afin de mettre en valeur la singularité de chaque pays et de chaque langue.
Avec des œuvres allemandes, britanniques, italiennes, irlandaises, turques, ukrainiennes ou roumaines, le festival met en valeur des productions récentes et anciennes, parfois passées sous les radars en France en raison du manque de temps d’écrans disponible, souvent phagocyté par les grosses productions.
Certaines séances auront lieu en présence d’universitaires, de réalisateurs ou de producteurs afin d’échanger avec le public à la fin de la projection. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc
La dimension internationale du festival se prolonge dans le choix des partenaires. La Deutsche Kinemathek de Berlin, mais également des salles de cinéma de Kehl, Offenbourg et Saarbrücken, et des intervenants européens qui prennent part au projet.
Douze films en compétition
Le festival s’organise autour d’une compétition à laquelle participent douze films de fiction. Parmi eux, 107 Mothers du réalisateur slovaque Peter Kerekes ou Apples du réalisateur grec Christos Nikou.
Bande annonce de Apples du réalisateur grec Christos Nikou.
Un jury européen, présidé par le réalisateur et producteur polonais Krzysztof Zanussi, remettra trois prix lors de la soirée de clôture lundi 4 avril. Le Prix cinémas d’Europe sans frontières, doté de 10 000€ et financé par l’Université de Strasbourg, le Prix européen des Droits de l’Homme (10 000€) et le Prix spécial du Jury (5 000€).
Bande annonce de 107 mères de Peter Kerekes.
En parallèle, pour répondre à une volonté d’inclusion, des prix honorifiques seront remis par un jury constitué par des publics de deux centres socioculturels du Neuhof et par un jury constitué d’étudiants de l’université de Strasbourg.
Revoir des classiques de Ken Loach et de Pier Paolo Pasolini
Quatre autres sélections étoffent l’offre du festival. Deux grands réalisateurs européens sont mis à l’honneur, dont Pier Paolo Pasolini, qui fêterait ses cent ans en 2022. Cinq de ses films seront projetés et une soirée spéciale aura lieu samedi 2 avril, autour du documentaire d’Andrea D’Ambrosio, Le Pays des orages et des primevères, qui revient sur la vie du cinéaste. Le réalisateur de ce film sera présent ainsi que Giovanni Grussu, le directeur de l’Institut culturel italien de Strasbourg.
Ce sera aussi l’occasion de revoir Le Vent de lève, Moi, Daniel Blake, La Part des anges ou le plus récent Sorry we missed you, du réalisateur britannique Ken Loach. Connu pour ses œuvres dénonçant la précarité de la société et célébrant la solidarité des individus, Ken Loach occupe une large part de la programmation avec seize de ses films.
Les films en compétition seront projetés à l’Odyssée, au Vox et au Trèfle. L’UGC n’accueillera que certains films de la rétrospective Ken Loach. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg / cc
Des versions restaurées de la Deutsche Kinemathek
Une carte blanche a été donnée à la Deutsche Kinemathek de Berlin qui propose aux spectateurs cinq films dans une version restaurée et inédite en France : Der Katzensteg (Gerhard Lamprecht, 1927), La Tragédie de la Mine (Georg Wilhelm Pabst, 1931), Les Sorcières de Salem (Raymond Rouleau, 1957), Les Neuf vies du Chat (Ula Stöckl, 1968), Laputa (Helma Sanders-Brahms, 1986). Quatre films ont été sélectionnés, dans le cadre d’un temps intitulé L’Europe au miroir de ses cinémas, pour leur capacité à illustrer les problématiques actuelles de l’Europe, notamment l’accueil des réfugiés.
Si les tarifs des séances sont assez attractifs (5€ par film), aucun passe ne permet d’accéder aux projections pendant toute la durée du festival, ce qui est fort dommage étant donnée l’ampleur de la programmation.
Votre média d’investigation local a lancé une campagne de financement pour recruter un, voire deux journalistes. Chaque jour jusqu’au 31 mars, nous publions dix bonnes raisons d’y participer.
Raison n°5 : un média à votre écoute
Le teaser 2022 de Rue89 Strasbourg
La plupart de nos enquêtes partent d’alertes, de suggestions, parfois d’un simple message d’un lecteur ou d’une lectrice. Pour certains, c’est devenu un réflexe. Quelque chose vous interpelle et vous nous contactez : « Peut-être que vous voudriez investiguer là dessus ? » Par exemple, notre enquête sur le Foyer de l’enfance est partie de messages envoyés sur Messenger à l’un de nos journalistes.
Nous nous appelons Rue89 Strasbourg parce que nous voulons nous placer au niveau de la rue, à l’écoute des Strasbourgeois et des Alsaciens, et à cause des dates 1789 et 1989, qui correspondent à des mouvements citoyens : la Révolution française et la chute du mur de Berlin.
Une plateforme sécurisée pour nous alerter
Avec notre opération Quartiers connectés, nous organisons des conférences de rédaction ouvertes aux habitants à la Meinau, à l’Elsau et bientôt dans le quartier des Écrivains à Schiltigheim. Les habitants y sont invités pour nous proposer des sujets, discuter de comment les traiter et nous appuyer dans la recherche de sources et de documents.
Ainsi, Guillaume Krempp, l’un de nos journalistes, a écrit depuis début 2018 des dizaines d’articles sur l’Elsau. Fin février, nous avons publié une enquête sur des locataires piégés dans des HLM trop chers pour eux grâce aux informations transmises par des retraités de la Meinau lors d’une de ces conférences de quartier.
Conscients des risques que prennent certaines sources, nous accordons beaucoup d’importance à leur protection si elles demandent de ne pas être identifiables. Nos révélations les plus importantes proviennent de personnes qui pourraient être licenciées parce qu’elles nous aident, ou au moins écartées par leurs directions. Nous savons les protéger, nous savons minorer les risques. Cela fait partie de notre expertise particulière grâce à notre démarche de média particulièrement à l’écoute des citoyens.
Malheureusement, et certain d’entre vous l’ont certainement remarqué, nous sommes dans l’impossibilité de traiter toutes les alertes que nous recevons. Nous manquons de temps : chaque alerte doit être étudiée, précisée et ne permet pas toujours la publication d’un article d’ailleurs. Notre équipe ne compte que quatre journalistes permanents, une étudiante en alternance, et cinq à dix pigistes avec parfois des étudiants en stage. C’est la principale raison pour laquelle nous avons lancé cette campagne de financement participatif : elle destinée à permettre le recrutement d’un ou d’une journaliste permanente supplémentaire.
Être à l’écoute des citoyens demande des moyens humains conséquents. Pour que cette démarche continue à exister et s’amplifie à Strasbourg, nous avons besoin de vous.
Photo : Geneviève Engel pour Strasbourg Eurométropole
L’Eurométropole va débattre de son budget 2022 qui comprend une hausse importante de la taxe foncière, ainsi que du renouvellement de deux réseaux de chaleur de Strasbourg. À suivre ce vendredi 25 mars en direct dès 9 heures.
Le débat s’annonce long et animé. Après la Zone à faibles émissions (ZFE) en octobre, le budget 2022 s’annonce comme l’un des vote les plus difficile à passer pour la majorité des écologistes et de maires à l’Eurométropole, puisqu’il comprend une hausse du taux métropolitain de la taxe foncière. Cette donne fiscale occulte la discussion sur les autres choix budgétaires (recrutements, emprunt, investissements, priorités écologistes). Le pourcentage fait peur, puisqu’il bondit de 300%. Mais comme le taux de l’Eurométropole est minime (il passe de 1,15% à 4,60%) par rapport à celui dans ses 33 communes (de 26,88% à 37,44%), la hausse totale de la fiche d’impôts locaux sera réalité comprise entre 9,9 et 13,5% selon les communes, bases et taux confondus. Elle concerne 220 269 propriétaires, des entreprises et particuliers, ainsi que les organismes publics et associations.
De part et d’autres, de nombreux arguments devraient s’échanger autour du timing de cette hausse, entre l’inflation et la guerre en Ukraine, les trois hausses d’impôts passées dans le mandat précédent, la dette financière ou « écologique et sociale », les « services en plus » comme la gratuité des transports pour les moins de 18 ans ou la collecte des déchets alimentaires, la répartition inégale des propriétaires selon les communes, la hausse des investissements qui profiteront en partie aux entreprises locales, les aides distribuées lors de la crise du Covid, ciblées sur les entreprises les plus impactées par exemple dans le tourisme, les gains de pouvoir d’achat via la suppression de la taxe d’habitation, etc.
Six représentants d’entreprises alsaciennes ont demandé dans un texte commun envoyé aux DNA « à décaler l’augmentation de la fiscalité d’une année ». Pour les opposants à cette hausse, il est important de marquer les esprits autour de cette séquence, car il ne devrait ensuite plus y avoir de hausse d’ici la fin du mandat. À l’heure du bilan en fin de mandat en 2026, l’année 2022 sera-t-elle encore dans les mémoires ?
Ce qui comptera le plus sur le plan politique sera le nombre de voix lors du vote, pour jauger l’étendue de la majorité, qui s’est amenuisée, des écologistes et de maires. En théorie, la présidente Pia Imbs devrait pouvoir compter entre 60 et 65 voix sur 99. Le total s’élevait à 74 en 2021, lorsque les Socialistes, les 5 élus d’Illkirch-Graffenstaden et la maire de la Wantzenau étaient encore dans la majorité.
Deux réseaux de chaleur renouvelés
L’autre point majeur concerne deux réseaux de chaleur de Strasbourg (points 6 et 7), dont les gestionnaires sont renouvelés pour 20 ans.
Dans les plans initiaux lancés il y a quelques années, le réseau de chaleur de Hautepierre, alimenté à 100% par du gaz via sa chaufferie, devait être raccordé au futur puits de géothermie d’Eckbolsheim. Mais comme tous les projets de géothermie, ce dernier est suspendu. L’Eurométropole a dû finalement trouver une solution alternative. C’est la société Engie qui a remporté le marché. Elle s’appuiera toujours sur du gaz, mais à hauteur de 34% d’ici 2034. Si la géothermie devait toujours rester bloquée, la chaufferie, qui sera rénovée, aura recours à de la biomasse, comme au Wacken, en plus de la récupération de chaleur émise par l’hôpital de Hautepierre (27%).
Strasbourg, Hautepierre, cheminée de la chaufferie de Hautepierre Photo : Rue89 Strasbourg
Pour l’autre délégation de service public, l’Eurométropole a réuni les réseaux de chaleur de l’Elsau et de l’Esplanade afin de former un réseau de chaleur unique, appelé Strasbourg-Centre. Cette fois, c’est Réseau de chaleur urbains d’Alsace (RCU-A), une filiale de la société publique R-GDS, qui a remporté le marché. Pour atteindre 83% d’énergies classifiées comme renouvelables, elle s’appuiera sur plusieurs sources comme la récupération de la chaleur de l’aciérie BSW de Kehl, d’autres entreprises du port et de l’incinérateur de Strasbourg, ainsi que de la biomasse, et du gaz (17%).
Côté prix, l’Eurométropole met en avant la stabilité des tarifs sur 20 ans dans le contexte d’incertitudes actuel :
Sur le réseau de chaleur de Hautepierre, les prix seront entre 67 à 74€ TTC/MWh en moyenne. À comparer aux 79,8€ TTC/MWh en moyenne 2018 ou aux 202€ en janvier 2022Sur le réseau Strasbourg-Centre les prix seront de 89€ TTC/MWh en moyenne. C’est plus que les prix moyens en 2020-2021, où les prix étaient entre 73,68€ et 79,14€ sur les réseaux de chaleur de l’Esplanade et de l’Elsau. Ils ont bondi respectivement à 129,58€ et 152,23€ en janvier 2022.
Les deux réseaux seront agrandis pour passer de 55 à 116 kilomètres au total d’ici 2029 et augmenter leurs capacités énergétiques.
Dans les différentes couleurs, l’extension programmée du réseau de chaleur de Hautepierre, vers les Poteries, le Hohberg et Cronenbourg. Photo : document eurométropole Les réseaux de chaleur de l’Elsau et de l’Esplanade ont été raccordés. L’ensemble va s’étendre progressivement dans la ville. Photo : document eurométropole
Le dossier n’a pas soulevé de débat majeur au conseil municipal de Strasbourg (consulté pour avis) lundi, ce qui augure d’un débat moins passionné que pour le budget. L’ordre du jour compte 93 points et les échanges devraient s’étirer jusqu’en fin d’après-midi.
Votre média d’investigation local a lancé une campagne de financement pour recruter un, voire deux journalistes. Chaque jour jusqu’au 31 mars, nous publions dix bonnes raisons d’y participer.
Raison n°4 : un média dont les journalistes sont engagés à Strasbourg
Le teaser 2022 de Rue89 Strasbourg (vidéo Les Indépendants)
En 2021, selon l’état prévisionnel de nos comptes, Rue89 Strasbourg a consacré 144 000€ en salaires et charges d’un produit d’exploitation de 188 000€, soit 76,5% de nos ressources investies dans la production journalistique. La rédaction est composée de quatre journalistes à temps plein, une alternante et d’une dizaine de journalistes indépendants (aussi appelés pigistes, elles et ils travaillent pour de multiples médias et sont payés à l’article). Tous habitent et travaillent à Strasbourg.
Faire un don lors de cette campagne, (ou s’abonner pour soutenir notre travail dans la durée), c’est donc investir sur le territoire de Strasbourg. C’est l’assurance que l’argent viendra financer les salaires des employés, et pas de grands frais de structure. En dehors de quelques dépenses fixes, comme notre loyer et des services informatiques pour notre site, la grande majorité des revenus sont redépensés dans l’humain.
Pour vous, c’est procurer à notre ville plus de journalisme, plus d’enquêtes sur votre cadre de vie, plus de temps pour des sujets documentés par des journalistes professionnels.
Les articles naissent des rencontres
Ce « circuit court de l’info » fait partie de notre identité. Contrairement à d’autres médias pilotés depuis Paris, nous sommes attachés à ce que nos journalistes vivent les mêmes réalités que nos lecteurs et lectrices. Ce sont d’ailleurs souvent lors de rencontres que naissent les meilleurs articles…
En tant que média strasbourgeois, nous connaissons et nous avons l’histoire de ceux qui bougent, créent, agitent et font vivre la ville. Cette inclusion se retrouve notamment dans le choix de nos partenaires, des associations et des organisations locales, portées par des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises motivées, passionnées par leur profession. Quand nous parlons de journalisme engagé, c’est de ça qu’il s’agit, d’un journalisme ancré dans son territoire, à l’écoute, présent, disponible.
Cette campagne vise à nous donner la somme nécessaire pour amorcer l’embauche d’un ou une cinquième, voire sixième, journaliste engagée dans sa ville. Il s’agit donc de progresser sur ce segment précieux, grâce à vous.
En raison de la guerre en Ukraine, les Vélos du Cœur ont lancé une initiative pour soutenir les réfugiés. Avec l’association Quai 67, l’organisation souhaite affréter deux à quatre autocars à la frontière ukraino-polonaise la semaine du 11 avril. Pour y arriver, elle recueille des dons financiers et matériels, ainsi que de volontaires à Strasbourg.
Fondée en 2020 lors du confinement pour les personnes démunies, l’association des Vélos du Cœur prévoit de venir en aide aux Ukrainiens qui fuient la guerre durant la semaine du 11 avril. Le pasteur Justin Dosdon, président de l’association Quai 67 qui accompagne les migrants, et Pablo, fondateur des Vélos du Cœur, ont uni leurs forces pour récolter des dons, afin de louer des autocars. Les véhicules enchaineront des allers-retours entre la France et la Pologne, à la frontière avec l’Ukraine.
Pablo explique que l’action doit se dérouler en trois étapes :
« Nous souhaitons d’abord affréter deux à quatre bus remplis de matériel de première nécessité jusqu’à la frontière. Les bus serviront ensuite à transporter un maximum de réfugiés à destination de Strasbourg. Si nous parvenons à louer deux autocars, nous pourrons ainsi permettre à 150 réfugiés de se déplacer vers la France. Une fois arrivés sur place, les réfugiés seront accueillis et logés par des volontaires qui se seront inscrits au préalable. »
Fanny de Quai 67 coordonne la prochaine collecte (à gauche). Avec le pasteur Justin (au centre) et Pablo (à droite), ils se sont donnés rendez-vous devant l’Eglise du Sacré Cœur ce mercredi 23 mars. Photo : : Pablo / cc
Les Vélos du Cœur ont besoin d’un soutien financier, matériel et humain afin de mettre en place cet ambitieux projet. Cette association a déjà réuni 5 000 euros et nécessite encore 5 000 euros, afin de financer la location des véhicules. Une collecte de matériel de première nécessité est organisée le samedi 9 avril de 10h à 16h au Presbytère du Sacré Cœur, au 7 rue de Flexbourg à Strasbourg – Montagne Verte.
Le collectif a besoin de bénévoles supplémentaires pour trier le matériel donné ou proposer une solution d’hébergement aux réfugiés une fois arrivés à Strasbourg. Une quinzaine de familles se sont d’ores et déjà portées volontaires pour accueillir les réfugiés. L’association espère mobiliser une cinquantaine de logements à l’issue de cette action. Si la première expédition se déroule dans de bonnes conditions, d’autres pourraient suivre, selon Pablo.
Samedi 12 mars, l’Unsa CTS a levé le préavis de grève, lancé lors du Marché de Noël et qui courait jusqu’en juin. Le syndicat majoritaire au sein du service de transports en commun salue un accord avec des avancées sur les conditions de travail et une augmentation des salaires.
En décembre, Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), déplorait l’absence d’amélioration des conditions de travail malgré l’engagement de Jeanne Barseghian (EELV), maire de Strasbourg, pendant sa campagne. Majoritaire dans la société publique de transports en commun, l’Unsa avait été le seul syndicat à déposer un préavis de grève du 4 décembre 2021 jusqu’au 1er juin 2022.
Finalement, le syndicat a levé ce préavis samedi 12 mars, suite à un accord signé entre toutes les organisations syndicales et la direction. Stéphane Daveluy revient sur l’implication des salariés :
« On a eu 60% de grévistes les 4 et 17 décembre, qui devaient être les pics de mobilisation. Et en moyenne, tout au long de la grève, on a eu 7 grévistes par jour. C’est indéniable, cela nous a permis de faire pression sur la direction. »
5 ETP en plus pour soulager les conducteurs
Suite à cette mobilisation, cinq postes de conducteurs (équivalents temps plein) ont été créés comme le prévoit l’accord. « C’est une belle avancée : il s’agit de postes de réserve spécialement destinés à pallier les imprévus et permettre des congés exceptionnels ainsi que des récupérations aux conducteurs », assure Stéphane Daveluy.
Pour rappel, en janvier 2020, Rue89 Strasbourg dévoilait le contenu d’un rapport du Comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail daté de 2015. Dans ce document, 36% des conducteurs de tram y déclaraient s’être déjà endormis en conduisant. L’étude rendait compte d’une « dette chronique de sommeil chez des conducteurs » et formulait des « inquiétudes quand à leur somnolence et leur état de santé mentale ».
L’Unsa demandait la création de 30 équivalents temps plein (ETP) pour améliorer la situation. En cause selon le syndicat, des restrictions budgétaires et un sous-effectif qui imposent une grande flexibilité et des horaires irréguliers aux conducteurs.
Une banque d’échange des services
L’accord prévoit aussi la création de deux postes d’agent de maitrise, pour faciliter l’organisation du travail.
Autre avancée importante selon l’Unsa, l’instauration d’une « banque des services », pour que les conducteurs puissent s’arranger entre eux s’ils veulent s’échanger des services. La mesure sera mise en place sur tous les dépôts le 1er novembre 2022.
Rue89 Strasbourg enquête sur les conditions de travail à la CTS depuis fin 2019. (Photo Evan Le Moine / Rue89 Strasbourg / cc)Photo : Evan Le Moine / Rue89 Strasbourg
La direction se dit prête à financer des postes supplémentaires
L’Unsa salue par ailleurs de bonnes négociations annuelles obligatoire (NAO) concernant les salaires. La direction indique que l’augmentation générale accordée se décompose en plusieurs augmentations étalées dans le temps, sous la forme de trois paliers de 0,5% (avril et septembre 2022, puis janvier 2023), auxquelles s’ajoutes des augmentations forfaitaires de 10 euros en avril et septembre 2021, puis de 15 euros en janvier et mars 2023. Stéphane Daveluy calcule :
« En tout, avec le glissement vieillesse technicité et l’effet report des mesures d’augmentation prises en NAO, entre décembre 2021 et janvier 2023, l’augmentation sera de 150 euros bruts par mois. »
Les conducteurs gagnent aujourd’hui entre 1 600 et 2 200 euros nets par mois selon leur ancienneté.
Des négociations se poursuivent concernant les services à large amplitude, c’est-à-dire des journées qui commencent à 7h et finissent à 19h, avec une pause de 3 à 4 heures dans la journée. Aujourd’hui, cela concerne environ 45% des services. L’Unsa aimerait limiter le phénomène à 35%. Mais la direction estime que le taux de services à amplitude peut difficilement diminuer en dessous de 40%, vu les besoins de forte activité en périodes de pointe, vers 8h et 18h.
La direction affirme à Rue89 Strasbourg qu’elle est prête à financer des ETP supplémentaires, pour permettre un futur accord avec les organisations syndicales, qui engendrerait une réorganisation des plages de travail. Cela permettrait de réduire les tranches de services de 5h à 4h30, des relèves au dépôt le soir et un maximum de pause de 45 minutes. Régulièrement, des réunions de négociations se tiennent entre les syndicats et la direction au sujet des conditions de travail et dans ce cadre, de nouvelles mesures doivent être définies ces prochaines semaines.
Les quatre arrêtés de la préfecture du Bas-Rhin mettant fin à l’activité de géothermie profonde au nord de Strasbourg ont été jugés comme irréguliers par le tribunal administratif, qui les a annulés.
Après les séismes du 4 décembre 2020, la préfète du Bas-Rhin est allée trop vite pour déclarer la fermeture définitive des activités de géothermie profonde à Vendenheim. C’est la conclusion de trois jugements rendus par le tribunal administratif de Strasbourg et publiés jeudi 24 mars. Les arrêtés de la préfecture du Bas-Rhin pris les 7 et 8 décembre 2020, ainsi que deux autres les 2 février et 11 octobre 2021 ont été annulés par la justice administrative, donnant raison à Fonroche Géothermie (devenu depuis Géorhin).
Pas de procédure contradictoire
Les juges retiennent notamment que la Préfecture n’a pas établi de « mise en œuvre de la procédure contradictoire », avant de prononcer une fermeture définitive du puits sur l’ancienne raffinerie, à la limite de Reichstett. Sous la pression des maires à l’époque suite aux séismes allant jusqu’à 3,59 de magnitude, la préfète Josiane Chevalier avait invoqué le « principe de précaution et de protection des populations ». Pour justifier cette précipitation, sans procédure contradictoire, la Préfecture a mis en avant l’urgence de la situation. Mais pour les juges, l’arrêté ayant été édicté trois jours après le séisme, et les premières mesures d’arrêt progressif de la circulation de l’eau dans les puits, cette condition d’urgence n’était plus valable pour se passer de cette étape.
Comme ces arrêté étaient illégaux, la Préfecture n’avait ensuite pas le pouvoir d’ordonner à Fonroche de déposer « un dossier d’arrêt définitif des travaux« , par un arrêté le 2 février 2021, suivi d’une mise en demeure le 11 octobre.
Ces décisions, indique le tribunal, « ne remettent pas en cause la suspension des travaux de recherche, ni aucune des mesures de sécurité prises suite aux séismes ». La préfecture du Bas-Rhin peut faire appel devant la cour administrative d’appel de Nancy dans un délai de deux mois. La Préfecture doit en outre verser 3 500 euros à la société Géorhin.
Les installations de Fonroche, sur l’ancien site de la raffinerie de Reichstett, à Vendenheim Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg
Tous les projets sont suspendus
Par ailleurs, un troisième jugement a rejeté une requête de la commune d’Oberhausbergen, déposée en le 13 novembre 2019, au lendemain du premier séisme. La municipalité contestait la prolongation, en avril 2019, le « permis exclusif de recherches de gîtes géothermiques » jusqu’en 2023. Le tribunal administratif a validé ce permis.